Livre IL 257 _
Statue même de Charlemagne, qui étoit au frontispice, sut 1535.renversée, ce qui déplut fort aux gens d’csprit.
Le lendemain les trois Capitaines Nicolas Baudichon, Pier- 9-Août.re Vandel , & Amy Perrin allèrent, avec leurs Compagnies,tambour battant, à S. Gervais & à S. Dominique, où ils enfirent encore pis. Ils y gâtèrent un Tableau, qui avoir coû-té plus de 6CO. ducats. De là, ils s’en allèrent au Pont d’Ar-ve, à Notre-Dame de Grâce, où les Syndics accoururent avecleurs Bâtons, pour empêcher qu’íls ne démolissent la Chapel-le de René de Savoye*
K-k Lc
„qui s’cst faite , fe font vús contraints„dc reconnoitrc la vérité de la Sainte^Religion que nous prêchons, & de lui„rendre hommage par leur conversion.,,Au reste, fi Vos Seigneuries , croyentj,d’avoir besoin , pour être plus autori-jjfées dans ce qu’Elles feront, de lavisw 3c de l’approbation du Conseil des Soi-»xante , ou de celui des Deux Cent, jeM les prie de faire incestammcnt assemblerB ces Conseils , 3c de me permettre d’y„paroitre, pour y faire la même deman-de que j’ai l'honneur de leur faire pré-sentement.»
Ce Discours, quoi-que fort pressant,nt^fit pourtant pas changer au Conseilfa résolution. On exhorta Faret à neprêcher qu'aux Cordeliers & à St. Ger-main , 5c on ne trouva pas encore à pro-pos de lui accorder la permission d’étreentendu dans le Grand Conseil.
Ces renvois ne surent pas goûtez desReformez, qui faifoient alors la plus gran-de partie du Peuple. Aussi l’on n’exé-cuta pas les ordres du Magistrat. LesReformez continuèrent non feulement des’aíTembler à la Magdeleine , mais le Di-manche S. Août, ils firent plus, ils ferendirent en foule dans l'Eglise de S. Pier-re , d oit ils envoyèrent prier Farel , deleur venir faire un Sermon, ce qu’il leuraccorda. Là dessus le Conseil s’assembla,le fit encore appeller, & lui fit les mê-mes censures , qu’il lui avoir déja adres-sées plus d une fois : Farel y répondit àpeu près de la même maniéré, ajoutant,
qu’il étoit surpris qu’on lui fit un crimed une chose, qui en elle même étoit bon-ne 3c conforme à la Parole de Dieu, qu’ily avoir long-tems qu’il avoir demandéd’êtte entendu dans le Grand Conseil ,fans lavoir pû obtenir, quoi-que ce nefut pas la coûtume de refuser des de-mandes de cette nature ; Que dans cettesituation , il avoir crû ne pouvoir, enconscience , refuser la vocation à laquel-le il étoit appellé : Après quoi, il conti-nua de demander la convocation du Con-seil des Deux Cent. Le Magistrat nepouvoir plus refuser à Farel l’audiencedans ce Conseil. Il obtint par ces der-nieres instances, autant que par le désirgénéral de toute la Ville, que le Con-seil des Deux Cent feroit convoqué le10 . d’Août. Ce fut dans cette Seancefolemnelle , que ce zélé Ministre se pro-posa de faire triompher la vérité Evan-gélique , de Terreur qui avoir régné silong-tems. Entreprise en laquelle il euttout le succès qu’il pouvoir efperer.
Farel comparut donc devant le GrandConseil au jour marquis, accompagné deFiret > Jaques Bernard, de quelques au-tres Cordeliers, 3c de plusieurs Citoyens.Farel qui parloir avec beaucoup de for-ce , fans qu’il eut rien d’affecté , ou d«trop recherché dans ses discours , maisavec une certaine éloquence mâle 3c na-turelle > propre à entraîner dans ses sen-timens ceux qui Técoutoient, ne manquapas dans une occasion d’une aussi gran-de importance que l’ctoit celle dont il
s’agisi