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Tome premier.
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258 Histoire de Geneve.

v 1535. Le jour qui suivit, Farel vint prêcher au Conseil des Deux10. Août. Cent, & déclama fort contre la Messe & les Prêtres. U tutordonné ensuite, qu’on examinât ce qui'avoit été écrit auxDiíputcs de Rive. Deux jours après les Syndics firent ve-nir

s’agissoit , de mettre cn usage tour cetju’íl crût le plus propre à toucher Sc àémouvoir le Conseil. Son Discours rou-la d’abord fur ce qui s’étoit puisé pen-dant le cours de la Dispute , qui s’étoitfaite par tordre du Grand Conseil, &sous son autorité. Il toucha les princi-paux Points qui y avoient été examinez;il s’arrêta fur tout, fur le Sacrifice de laMéfié Sc fur les Images. II fit voir qtt’ilrelukoit clairement des Actes de la Dií-pute, dont on lût le précis, que cesArticles n’étoicnt point contenus dans laParole de Dieu. U dit, qu'encore que lesPrêtres, & de la Ville & des environs,y eussent été invitez, cependant plusieursd’entr’eux n’avoient point voulu s'y ren-contrer, ce qui marquoit qu’ils fuyoientde s’éclairer iur les Dogmes contestez ,Sc qu’ils sermoient volontairement lesyeux à la vérité. Que pour ceux quiy avoient paru., Sc qui avoient soutenuies sentimens de l’Eglise Romaine avecle plus de chaleur, ils n’avoient pú prou-ver par l’Ecriture Sainte , que ces Dog-mes sussent véritables. Qu’auslì plusieursd’entr’eux, convaincus de la force desraisons qui dévoient porter les véritablesChrétiens à se déclarer pour la Refor-mation , savoient embrassée. Qu'à l’é-gard des Ecclésiastiques Romains , quitémoignoient de l’éìoignement pour laDoctrine que ses Collègues Sc lui prê-choient, Sc pour leurs personnes ; ni euxm lui, ne leur în verdoient aucun mal;mais qu’ils se contentoient de faire desva-ux très ardens pour leur conversion.Farel, ensuite, srapé de la beauté Sc dela Sainteté de la Doctrine Evangélique ,dégagée de toute pratique superstitieuse.Sc des Dogme# que les hommes y avoientajoutez, Sc dont ils avoient fait des Ar-ticles de foy , Sc s’abandonnant au zèleque lui inspiroient la bonne cause qu’ildcíeudo'it. «Nous sommes prêts? dit-il,

parlant de lui Sc de ses Collègues; «Nous» sommes prêts à Icéeller de nôtre sang,«la vérité ttc !a Religion que nous annon-«çons. La mort la plus cruelle ne nousdéfraye point, s’il faut nous y expolèr,«pour soutenir la bonne cause : Et nous«voulons bien la subir, Sc nous nous y«condamnons à présent nous mêmes , si«les Prêtres peuvent faire voir que nous«ayons avancé, soit dans la Dispute,«soit dans n os Serinons , quoi que ce«soit de contraire a la Sainte Ecriture.«II finit son Discours par une exhortationextrêmement forte, au Conseil des DeuxCent, Sc à peu près semblable à celle qu’ilavoir soi te, peu de jours auparavant, auPetit Conseil, à se déclarer sons délai,pour ou contre la Doctrine qu’ils prè-choient. Exhortation qui sut suivie d’u-ne belle St vive Priere qu’il fit à Dieu ,pour lui demander qu’il éclairât tous lesMembres qui composoient le Conseil ,dans une occasion de cette nature, où ils’agissoit de fa gloire, Sc où le solitudetout un Peuple étoit si fort intéressé.

On fut touché du Discours beau Scpathétique de Farel ; mais cela n’empê-cha pas que le Conseil n’examinât, avectout le loisir nécessaire , cette grandequestion, Sc qu’il ne pesât avec soin tou-tes les suites d’un changement autantconsidérable, que l’étoit celui d une Re-ligion qui subíìstoit depuis tant de Sié-cles. La délibération fut longue , Sc lessentimens surent d’abord a fiez partagez t.Cependant la Seance se passa avec beau-coup d’ordre , Sc ceux qui étoient dansdes idées differentes > s’écoutérent les unsles autres, avec une grande tranquillité.

Enfin, il fut résolu par la pluralité dessuffrages. i°. Qsson appelleroit dans leGrand Conseil les Ecclésiastiques, pourleur "faire voir le résultat de la Dispute,Sc pour entendre ce qu’ils pourroient a-yoir encore à dire, pour soutenir la Mes-

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