____ 294 Histoire de Geneve.
1553* n *s m ì restitution plein d’héresies exécrables z . II anéantissoitia distinction des trois Personnes, disant que le Fils & le S»
Esprit
niere. Le Cònseil continua Ifrs Interro-gatoires du prévenu en présence de Cal-vin Sc des autres Ministres, Sc peu dejours après, le Procureur-Général (e ren-dit instant, Sc De la Fontaine fut mis enliberté. Le Procureur-Géneral forma denouvelles Questions contre Servet , furlesquelles il demanda qu’il fut interrogé.Ce qui fut fait. Servet commençant às’ennuyer de fa prison , Sc à en craindreles fuites, présenta une Requête au Ma-gistrat, par laquelle il exposoit que c’é-toit une pratique nouvelle, inconnue auxApôtres de Jesus-Christ, Sc à l'ancienneEglise, de faire des Procès criminels auxgens, au sujet de leurs fentimens fur lesDogmes de la Religion ; Que d’ailleurs, s'rlétoit coupable d’avoir publié certains Sentimens estimez hérétiques dans Geneve, ilne l’avoit point fait, ni dans cette Ville,ni dans aucun lieu de la dépendance ;Que les Questions qu’il avoir traitéesdans fes Livres, n’étoient pas à la portéede tout le monde, mais seulement à cel-le dç; -Savans ; Qu’il n avoir été en au-cun lieu du Monde, séditieux ni pertur-bateur du repos public; Qu’enfin, il prioitle Conseil de lui permettre d’avoir unProcureur qui parlât pour lui.
Le Procureur-Géneral , à qui cette Re-quête fut communiquée, répondit, queceux qui soutenoient d’aufsi grandes im-pietez, que celles que Servet avoir avan-cées, n’étoient pas dignes d’avoir aucunProcureur ni Avocat, & proposa contrelui trente-huit nouvelles Questions , aux-quelles Servet répondit, en ménageant trèsmal les termes, à l’égard de Calvin, qu’iltraita de Disciple de Simon le Magicien,& d’indigne d u titre de Ministre de l’E-glise, Sec.
Les Ministres donnèrent ensuite un nou-vel écrit contre Servet , qu’ils signèrenttous, & auquel celui-ci répondit par depetites Notes marginales. 11 y eut danscette derniere dilpute par écrit. beau-coup de vivacité de part Sc d’autre. Lamatière agitée de cette façon amplement,
& le Procès suffisamment instruit , leConleil , avant que de juger Servet , enenvoya des Copies aux Eglises Refor-mées de Suisic , pour avoir leur senti-ment, comme dit M. Spon. Elles netardèrent pas à le faire savoir. On neraportera pas ces réponses ; on se con-tentera seulement de dire, à l’égard de1’Eglirse de Berne , qu’après avoir blâméles fentimens de Servet fur les principauxPoints de la Religion , Sc dit qu’il en-treprenois de faite revivre les Sentimensde la plupart des anciens Hérétiques, lesPasteurs de cette Eglise finissent leur Let-tre de cette maniéré; «Oramus Domi-B num , ut det vobis fpiritum prudent!:v>»con(ìlii Sc forritudinis, ut Sc pesteras hanc ab Ecdesits cùm vestrâ, tura aliiss avertatis Sc simul nihil remittatis, qttod«Magistratiii Christiano inconveniens cen-»(eri poffit. Dominus Ecclesiam Sc Rem-a publicam vestram in verâ picrate Sc pa-a>ce jugiter servet immotam. Berna Vef-xtri in Domino I 55Z. Mìniflri Ecclefìa«Bernensis.
Servet fut ensuite condamné â êtrebrûlé vif. Farel qui étoit alors venu fai-re un voyage à Geneve , l’accompagnaau siiplice. Ce fut le 17. Octobre 155;.que la Sentence rendue contre lui, fu*exécutée.
1 Si l’on juge des sentimens de Servet,par les réponses qu’il fit aux Question*qui lui furent proposées , ils n’étoientpas si détestables, que M. Spon les re-présente ici. II paroit par les Actes deson Procès que, fur la demande qui luifut faite , s’il n'étoit pas vrai qu’il avoirpublié dans fes Livres , que de croirequ’en une seule Essence de Dieu, il yeut trois Personnes distinctes, le Pere,le Fils, Sc le Saint Esprit, c’étoit se for-ger des fantômes ridicules ; faire un Dieupartagé en trois, semblable à Cerbere-,le Chien infernal à trois têtes , que lesPoètes Payens avoient imaginé í II ré-pondit, qu’il avoit écrit un Livre de laTrinité., suivant les principes & Je s idées