Livre 111. 295 _
Esprit avoient été créez au commencement du Monde a . Que jl’Estcnce de Dieu étoit commune à toutes les Créatures mê-mes inanimées, laquelle produisoit en l’homme le franc arbi-tre, & n’empêchoit pas néanmoins que la science du bien &du mal ne fût suffoquée jusqu’à lage de 20. ans, avant les-quels on ne commettoit point de péché mortel. Qu’il fuffi-soit de croire que Jesus-Christ étoit Fils de Dieu , lans qu’ilfût nécessaire d embrasser ses promesses, tous les hommes, lesJuifs & les Payens étant justifiez par la bonne vie, qui ve-noit du bon naturel. Que le Baptême des petits enfans n’étoit
qu’une
des plus anciens Docteurs de l’Eglisc, quiavoient vécu immédiatement après Jesus-Christ St ses Apôtres, & qu’il croyoitqu il y avoir trois Personnes en Dieu,mais qu’il entendoit ce mot de personne,d une maniéré differente des Modernes ;niant, au reste, qu’il eut comparé la Tri-nité à Cerbere. Etant interrogé plus a-vant, fur ce qu’il pensait de la naturede nôtre Seigneur Jesus-Christ. II répon-dit , que la Divinité de Jesus-Christ étoitéternelle , qu’il étoit fortement persuadéque Jesus-Christ étoit le Fils de Dieu ,engendré de toute éternité du Pere , &conçû par le Saint Esprit dans le sein dela Vierge Marie ; Que la Divinité de Je-sus-Christ fut communiquée à son hu-manité , dans le tems de fa Conception,,qu’ainsi fa Chair est participante de laDivinité ; mais que la matière de la chairétoit venue de la Vierge Marie. Qu’ilne condamnoit point, comme on le luiattribuoit, le sentiment de ceux qui met-taient quelque distinction de propriétédans l’Estence de Dieu ; qu’il reconnois-soit une difference de Personnes, maisqu’il rejettoit seulement la pensée de ceuxqui voulaient qu’il y eut une distinctionríelie dans la Divinité. Qu’il n’étoit pointnon plus dans la penlée où on le faisoitctre , que Jesus-Christ étoit Fils de Dieu,parce qu’il étoit composé de trois Ele-rnens , de la substance du Pere, savoir,le feu , Vair, 8c Veau , puis-qu’il n’avoitjamais crû que ces trois choses se trou-vassent en Dieu, sinon, entant que Dieu
en avoir l’idée » comme de toutes lesautres choses qu’il avoit créées.
a On attribuoit à Servet de faire l’A-me de l’homme mortelle ; Que l’onne commettoit point de péché morteljusqu’à l’âge de zo. ans , & qu’ainsi, jus,qu’à ce tems-là , l’on n’avoit point be-soin de rédemption ; Enfin , que le Pa-terne des petits enfans étoit une inven-tion Diabolique. A quoi il répondit ;Qtsil n’avoit jamais pensé , ni sait con-noitre qu’il crût que l’Ame de l’hommefut mortelle, mais qu’il avoit simplementdit, qu’elle étoit revêtue & comme ha-billée d’élemens corruptibles. Qu’il necroyoit point que l’Ame de l’homme. Stles differens Etres qui font au monde ,fussent des portions de la Divinité : maisque Dieu étant un Etre infini & Tout-puissant, son Essence étoit par tout, Stsoutenait toutes choses, & qu’il ne con-cevoir point que l’ame de l'homme Scíes autres choses fussent’ en Dieu , sinonpar leurs idées ; Que les petit enfans nais-soient avec le péché Originel, mais qu’ilne comprenaient le Mystère de leur ré-demption, que quand ils étaient venusen âge ; & qu’il étoit dans la pensée,que pendant l’ensance, l’on ne commet-toit point de péché mortel; qu’il croyoitle Batéme inutile pendant tout ce tems-là; Qi^e même il ne déguisoit point des’être expliqué, & d’avoir écrit là-dessus,d’une maniéré extrêmement vive ; maisque si l’on pouvait lui faire voir qu’iFs'étoit trompé, il ctoit prêt à abandonnerson opinion, b Se»-