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Tome premier.
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307
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Livre III. 307 _

Théodore de Beze & Pierre Martyr, Professeur en Theolo- 1561,gie à Zurich, furent appeliez par des Lettres du Roi de Na-varre, dattées du douzième Août 15 61 - pour se trouver auColloque de Poissy °.

Le Samedi vingt-septieme Mai 1564. décéda Calvin, âgé 1564.de cinquante - six ans, après plusieurs grandes incommoditez,

Q, q 2 que

n II y avoit long-tems qu’on avoirproposé en France, de tenir une Assem-blée 011 Conférence, pour apaiser les dis-sensions qu’il y avoir en matière de Re-ligion , dans laquelle les principaux Mi-nistres du Parti Reformé étant apellez,on croyoit que les Prélats du Royaume,qui s'y trouveroient, pourroient les fai-re revenir de leurs sentimens. Elle futrésolue au mois de Juillet de l’annéeijfii. Sc astìgnée au 10 e . Août de la mê-me année, à Poijsy près de St. Gcrmain-en - Laye.

D'abord après, les Princes du parti Re-formé , ne pensèrent qu'á faire venir au-près d eux les plus éclairez des Ministres,& ceux dont le savoir Sc l'éloquence fai-soient le plus de bruit, Sc étoient lesplus propres à persuader. Ils auroientbien voulu que Calvin eût pû s'y rendre,ou à son défaut Iheodort de Berce , ilslui avoient même fait écrire à ce sujet :C’est ce que Calvin & De Berce témoi-gnèrent au Conseil, le zi. Juillet i; 6 i.où, après savoir informé ae ce dont ilétoit question , ils le prierent de permet-tre du moins à Théodore de Berce , de par-tir pour la Cour de France. Et commeCatherine de Medicis avoit souhaité, quePierre Martyr Italien , fuir des princi-paux Docteurs du parti Reformé, Sc quiétoit alors sune des premieres lumièresde l’Eglise de Zurich, s’y rencontrât, par-ce qu’il étoit de la même Nation quecette Reine , Sc que De Berce avoit étéchargé de l’aller demander aux Seigneursde Zurich , ils prièrent le Conseil de vou-loir bien qu’il fît ce voyage, ce qui futagréé, de même que le voyage de DeBerce en France. Mais on résolut en mê-me tems , que Calvin n’y iroit point, àmoins qu’on eut pour fa sûreté des ô ta-xes du premier rang. De Bew fut tics

bien reçu à Zurich, Sc eut des affenti-mens, que quand Pierre Martyr seroit de-mandé dans les formes, on ne le refuse-toit pas.

Les Lettres, par lesquelles les Princesde la Religion demandoienr Calvin ouDe Berce , avoient été envoyées à Calvinpar un Exprès, qui avoit ensuite accompa-gné De Berce à Zurich. Quand cet Exprès,étant de retour en France, eut informéceux de qui il tenoit fa Commission desdispositions où l’on étoit dans Geneve,de faire ce qu’ils fouhaitoient , le Roide Navarre écrivit aux Seigneurs de cet-te Ville-là, pour les en remercier. Sc lesprier derechef de faire partir De Berce ,au plus vite , la Lettre étoit conçûc ences termes :

Magnifiques Seigneurs ,

«Ayant pieu à ce bon Dieu, qui tient«le courage des Roys en la main , dise«poser ceux du Roy Monseigneur, de la«Reyne sa Mete , Sc de son Conseil au-«jourd’huy , de telle sorte qu’il n’y a«moyen qu’ils ne recherchent, pour ap-«porter quelque bon accord, sur les trou-«bles qui le voyent de tous costez, pour«les diíferens Sc controverses de la Reli-«gion, désirant que cette cause ioitmeure-«ment remontrée, discutée & débattue par«personnes , dont les mœurs Sc la doc-trine soit du commun témoignage de«beaucoup de gens de bien , linguliére-«ment louées, testifiées , Sc recomman-«dées ; Sc ne pouvant pour cet effet ,«convoquer ni appeller personne de meil-«leure approbation > que nostre cher Sc«bien-aimé Théodore de Beze, l’un de«vos Pasteurs Sc Ministres , pour lequel«vous requérir Sc demander, ce Porteur«a esté depesché de vers vous, qui nousa en a rapporté telle satisfaction > qu’il

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