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Tome premier.
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_____ zis Histoire de Geneve.

I J66. mais que ce fut en effet pour complaire à Catherine de Me-

dicis,

croît très mal conduit, de forte que cet-te Princesse lui avoir écrit, que de lavie elle n’avoit víì un homme plus men-teur, Sc plus ambitieux. Qu’il avoir misen mouvement les amis , pour fe fairedonner l’Evêché de Tout en Lorraine; queles Enfans qu’il avoir eus , croient adul-térins , nez pendant la vie du premiermari de fa femme , Sc qu'il y avoir con-tre lui de violens soupçons , qu’il avoircommis quelque fausseté dans Ion Con-tract de Mariage. La Reine de Navar-re confirma une partie de ces faits , parune Lettre au Conseil de Geneve, parlaquelle elle accufoit de plus Spifame ,d’avoir écrit contre fa Maison.

Dès lors le Magistrat tournant touteson attention sur ca qu’on vient de ra-porter; l’assaire particulière qui avoir don-né lieu á l’eiTiprifonncment de Spifame ,fut presque oubliée. Interrogé sur lesfaits dont on a parlé , il nia d’avoir ja-mais écrit quoi-que ce soit » contre laMaison de la Reine de Navarre -, Il avouad’avoir sait des démarches pour se fairedonner l’Evêché de Tout , mais dans laVÛë de l’administrer en Evêque Protes-tant , Sc de faire lui-même la fonctionde Pasteut Sc de Professeur en Théolo-gie. Malgré ses défenses, son affaire s’ai-grissoit tous les jours davantage. Onsaisit ses Papiers dans fa maison, parmileíquels il s’en trouva un qui acheva dele perdre : Ce fut son Contract de Ma-riage avec Catherine du Galperne, qui setrouva être un Aise faux Sc fuposé, mu-ni de faux Sceaux , comme il fut con-traint de l’avoiier lui-même , lors - queconfronté ensuite là - dessus avec fa fem-me, elle lui en soutint la fausseté; delaquelle elle révéla au Magistrat, toutesles circonstances. Cet Acte étoit dattédu 2. Aout 15 ?9-, Sc cependant il n’yavoir que deux ans que Spifame savoirfabriqué, pour lui servir dans le Procèsque son Neveu avoir intenté à Paris, àfa femme Sc à ses enfans.

Ses anciennes intrigues avec Catherinedu Gafperne , Sc la naissance adultérinei' André leurs fils, mises de cette manie.

re au grand jour, Spifame commença àsentir de quel œil le Magistrat regardoitsa [conduite , ce qui lui fit prendre leparti de recourir à la clemence. II luidemanda pardon de ses fautes, le priantpourtant de considérer à l'égard de l’a-dultere dont il étoit coupable, que c’é-toit un péché commis , il y avoir prèsde trente ans, dans un tenrs où les mœursétoient fort déréglées, non seulementà Paris Sc en France où il étoit alors,mais aussi dans Geneve; Qisil avoir ouïdire , que personne n’étoit recherché pourdes c as de cette nature, dix ans aprèsqu’ils étoient arrivez, Sc qu'enfin pourexpier ce crime , il étoit venu dans Ge-neve avec fa femme, pour faire péniten-ce, Sc une profession libre Sc ouverte de lapure Parole de Dieu, Sc qu’ils y avoientmené ensemble une vie fans reproche.Que pour le reste, la tendresse paternel-le l avoir porté à faire ce qu’il avoir fait,Sc pour empêcher qu'après fa mort, l'onfils qui étoit de la Religion , Bourgeoisde Geneve , Sc qui avoir d’autres enfans,en assez grand nombre, qui étoient Ci-toyens , ne fussent privez de fa succes-sion , laquelle en ce cas la auroit passéà son Neveu , qui saisoit profession dela Religion Romaine ; Qu’enfin ce faux.Contract n’avoit point été produit ; qu’ilne prétendent pas de l'employer jamais,Sc qu’il consentoit qu’il fut biffé Sc la-céré.

Le faux Conrract de Mariage avoir étcprécédé d’un autre tout aussi faux , le-quel Spifame avoit produit à Calvin Sc auConsistoire, lors-qu’il arriva à Geneve,& fur lequel son mariage fut avoué Scconfirmé. Cette double fausseté frappale Magistrat : II fut fort indigné en par-ticulier contre celle qui avoir donné lieuà la confirmation du Mariage. Les In-terrogatoires finis , le Lieutenant Sc leProcureur-Géneral instans à son Procès ,conclurent que Spifame fut condamné aun châtiment exemplaire. Le Conseil lecondamna à avoir la tête tranchée. LaSentence fut exécutée le rz. de Mars.

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