__ z54 Histoire de Geneve.
Ijgç. les Genevois à l’Avant-garde. Ils prirent quelques Forts, ra-vagèrent le Faucigny, & particulièrement le Prioré de Pillo-
ney :
qui donna lieu à d’autres Troupes desortir avec quelques Cavaliers , qui pardivers chemins se rendirent à Saconay.Ceux qui arrivèrent les premiers , ayantmis le feu en certaines maisons, les Sol-dats que le Duc avoit logez dans le Châ-teau , commencèrent à tirer deflus. Dansle moment, le reste des Troupes de Ge-neve parut , lesquelles attaquèrent unGros de Savoyards, & quoi-que le com-bat fut fort vif, les Genevois n’y perdi-rent qu’ttn seul homme : Mais n’ctantpas encore las de se battre, Sc voulantattirer les Ennemis à quelque choc plusconsidérable, ils gagnèrent le derriere duVillage de Saconay, Sc sé postèrent dansde certains endroits près du Plan-les-Ouattes, où il y eut une rude mêlée.L’Infanterie de Geneve y fit très bien, Scfans beaucoup de perte : Celle des Enne-mis fut grande ; ils fureur mortifiez dese voir ainsi battus par une poignée degens , qu’ils sentoient à demi lieue loindu Fort d'Arve; ce qui leur fit prendrela résolution, pour se venger , de faireun coup dont le succès leur parut infail-lible. 11s feignirent donc de se retirerau pas, pour faire une nouvelle charge,afin de tenir ceux de Geneve en alte ,dans la Campagne du Plan-les-Ouattes ,pendant que quatre Compagnies de Ca-valerie de Savoye, prenoient plus hautun chemin couvert Sc détourné , lequelse rend au-destous de Pinchat, astèz prèsdu Fort, afin de venir couper & envi-ronner ceux de Geneve , Sc les pouvoirainsi charger par devant Sc par derriere.Pendant que ces Compagnies saisoient cedétour astèz long & allez difficile, cel-les de Geneve se retiroient au petit pas :Et comme elles étoient encore astèz loindu Fort, des Canonniers qui étoient pos-tez lur la hauteur de Champel , où l’onavoit mis en Batterie quelques Canonspour tirer fur les Ennemis, lors-qu'ils au-roient voulu faire des courses trop prèsde ce même Fort ; ces Canonniers ayantdécouvert une des Compagnies de Cava-lerie de Savoye, qui marchoit fort fer-
rée par un sentier étroit, au bas de Pin-chat, tira dessus deux volées de Canon:Ce qui fut un signal aux Troupes deGeneve, qui avoient profité du relâchequ il sembioit que l’ennemi leur avoitdonné pour se rafraîchir , lesquelles , àce bruit Sc aux huées de la Garnison duFort qui leur crioit d’avancer, abandon-nèrent tout à coup les rasraichistèmensqu’ils prenoient, doublèrent le pas, Sccoururent aux Ennemis, qui s’étoient fer-rez dans une el'pece de cul de sac. Alorsils les chargèrent si vertement , qu’ilsrenversèrent par terre nombre de ces Ca-valiers , le reste ayant voulu, les uns àpied, les autres à cheval, gagner le hautdes Vignes , pour sc joindre à leurs ca-marades qui croient encore au-dessus ;la plupart furent tuez fur le champ, onen prit quelques uns prisonniers, Sc en.tr’aurres le Sr. de Saint Serguc. On leurprit aulfi un de leurs Etendarts. Le resteprit la fuite. Les Savoyards perdirent cejour-Ià une partie de leurs meilleurs Lan-ciers , Se quelques hommes de comman-dement.
Le A. Juillet, les Chefs de l’Armée duDuc, ayant apris que ceux de Genevedévoient faire une sortie delà l’Arve,pour favorilèr la récolté que vouloientfaire divers particuliers , de leurs mois-sons , Se leur aider à l’emmener dans laVille, résolurent de les surprendre Sc deles enveloper. d’une maniéré qu’ils se fla-toient qu’il n’en échaperoit pas un. Ilsmirent de grand matin en embuscade ,une partie de leurs Troupes, tant de Ca-valerie que d’Infanterie, dans le Bois dela Bâtie, au-dessous de Lanci, au bas desVignes de ce Village , à Pesey , Sc end’autres endroits , à un quart de lieuedu Fort d’Arve. Après quoi, ils firentavancer d’autres Troupes fur la hauteurde Pinchat. Les Compagnies de Gene-ve , qui sortirent du Fort à huit heuresdu matin , ayant aperçu les Savoyardsfur ce Coteau, n’en furent que mieux furleurs gardes ; L< bien loin que les em-buscades les fissent reculer, au contraire,
ils-