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Fort d’Arve & près dc Bonne, que le Comte de Maurevel iccq^
voulut surprendre & escalader un matin, avec son Régiment 3 ^& des Troupes du Faucigny. La Garnison netoit que d’en-viron cent cinquante hommes, & ceux là croyant déja de lestenir, leur crioient en raillant, qu ils leur apprêtassent à dîner,renais ils ne furent servis que de prunes bien dures & de mor-telle digestion, qui les contraignirent de sonner la retraite,
après y avoir perdu quelques-uns des leurs.
Dans toutes ces rencontres & quelques autres qui suivi-rent , les Genevois ne tirèrent aucun secours des Bernois, par-ce que ceux-ci avoient fait avec le Duc une surséance d’Ar-mes, qui dura plus de trois semaines m . Après quelle fut i 4 .juUIetexpirée, ils passèrent par Geneve, abattirent le Pont de Bu-ringe, & vinrent devant le Château de Saint Joire, ayant
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été égale. Pour faire cesser ces plain-tes , le Conseil des Deux Cent fut as-semblé le r r. Juin, afin de penser à d'au.tres moyens pour avoir de largeur. A-près s’être tourné de divers cotez , il futenfin arrêté de lever pour une fois , unesomme de trente à quarante mille Ecus,par forme de prêt, fur la généralité duPeuple , duquel emprunt la Seigneuriepasscroit à chaque Particulier Obligation,lur le pied de huit pour cent d'interêtpar an. Et afin qu’aucun ne se pût dis-penser de payer, sous le prétexte de n’a-voir pas de l’argent , on résolut à l'é-gard de ceux qui diroient qu’ils n'en a-voient pas, que l’on évalueroit leur Vais-selle d’argent, leurs Joyaux , ou autreseffets , & qu’on en prendroit à propor-tion de ce qu’ils se trouveroient avoir debien. L’on obligea même les aisez d’en-tre ceux des Officiers qui croient à lasolde de la République , de lui faire unprêt de ce qui leur seroit dû dans la sui-te , de leurs apointemens.
m Nonobstant la Treve des Bernoisavec le Duc dc Savoye, les Genevois nefe découragèrent pas. Accoutumez dèslong-tems à surmonter par leur constan-ce, les plus fâcheux contre-tems , & sou-tenus par la confiance que leur donnoit
la supériorité qu’ils avoient euë julqu’a.lors fur leur ennemi, ils tinrent lëuls très-bonne contenance, & remportèrent di-vers avantages. Le zj. Juin , fur lestrois heures du matin, l’alarme fut don-née à la Ville , comme si l’Armée duDuc eut été fort près du Pont d’Arve ;Mais ne s’étant rien trouvé pour lors.qui méritât qu’on fe mit en mouvement,on se tint en repos jusques fur les huitheures , qu’il se fit une sortie de deuxcens Arquebusiers, qui s’étant avancezfort loin , au-delà du Fort d’Arve, en-voyèrent quelques enfans perdus pour re-connoitre l’ennemi ; lesquels ayant dé-couvert certains Lanciers, tirèrent contre,ce qui fit tourner bride à ceux-ci, quis’enfuïrent incontinent au galop. Le gros,à ce bruit des mousquetades, accourutaustî-tôt vers les enfans perdus, ce quiayant aussi mis en mouvement les Trou-pes d u Duc , plusieurs Compagnies deCavalerie & d’Infanterie, vinrent se rangerauprès du Village de Saconay delàd’Arve, & aux environs: Là-dessus,quelques Soldats qui avoient pris peur,étant venus donner une nouvelle alarmeau Fort d’Arve , le bruit courut aulïï-tôt dans la Ville, qu’une Compagnie avoirété engagée Sc perdue tout -à. fait -, ce
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