Livre III. Z6Z _ _
Ics sit passer entre le Lac & le Bourg, à un passage où il y 1589.avoit une entrée dérobée dans la place. La Sentinelle voisi-ne donna l’alarme au Corps-de-Garde ; mais ces dix-sept sol-dats ne leur ayant pas donné tems de se reconnoitre, en cou-chèrent une partie sur le carreau , avec leurs pertuisancs &leurs coutelas. Quelques Capitaines setant éveillez se mi-rent en défence ; mais ayant été tuez, le Baron voulant ras-sembler le reste, se vit attaqué d’un autre côté par ceux quiavoient enfoncé la Porte & escaladé les murailles. Tout cequ’il put faire avant qu’il fut jour, fut de fe retirer à la hâte 8 . Nov,avec environ deux cens soldats dans le Château, en ayantlaissé dans le Bourg plus de trois cens des siens fur la place.
Ce Baron qui avoit plusieurs fois menacé les Genevois de lescontraindre par famine, de se venir jetter la corde au col aupied de Son Altesse, se trouva bien alors empêché, fans Eauni Vin, & avec des soldats la plupart en pourpoint. Néan-moins pour étonner les assiegeans & avertir les Garnisons voi-sines de le venir dégager, il sit tonner son Artillerie, dès lelendemain matin jusqu’au soir, contre les maisons de Versoy.
Ayant continué le jour suivant avec peu d’effet sur les assie-geans , qui ne se découvroient pas, & ne voyant arriver au-cun secours, il demanda composition. Elle lui fut accordée.
Ils en sortirent Tambour sur le dos, Mèche éteinte , Ensei-gne ployée, & furent conduits jusqu’auprès de Gex. Quan-tité de munitions qu’on y trouva furent portées à Geneve x .
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* On y trouva aussi quatre CanonsHc deux Coulevrines. Aussi - tôt qu’oneut eu dans cette Ville, la nouvelle dela prise de Versoy , on en rendit grâcesà Dieu dans tous les Temples; & lors-que le Sieur de Lurèìgni tut arrivé, leConseil lui envoya le Sindic De Ch *-feaurouge, pour l’en féliciter. Après ce-la, les Vivres dont il y avoit eu unegrande disette dans Geneve, depuis que leFort de Versoy avoit été élevé, pareequ'onn en osoir pas amener du Pais de-Vaud,y vinrent en abondance. & la naviga-
tion fut entierement libre. Peu de joursaprès, l’on trouva que le Bourg & leChâteau de Versoy étant d’une trop gran-de garde , il valoit beaucoup mieux enruiner les Fortifications, que de s’expo-ser à voir reprendre l’un & Pautre parl’cnnemi : On fit donc renverser les mu-railles du Fort, & sapper la Tour; &l’on mit le feu à la plupart des maisonsdu Bourg , pour ôter aux Savoyards lafacilité de fortifier à l’avenir ce lieu là.
L’état des affaires de Geneve changeade face, par la prise de Versoy. Avant
cette