_ z 64 Histoire de Gexeve.
589. Une soixantaine de Forçats Turcs, qui a voient travaillé auFort, eurent permission de se retirer. Le Fort fut ensuite ra-sé & la plupart des maisons brûlées. Le reste de l'année sepassa en d’autres exploits de petite importance.
Le
cette expédition, les Etats qui s’intereílsoient pour cette Ville, étoient sort alar-mez fur son compte. Ils craignoientqu’environnée , comme elle l’étoit , detous cotez, des Etats de Savoye, & bri-dée par le Fort de Versoy , d’où Penne-mi empêchoit quelle pût tirer des Vi-vres par le Lac , qui étoit la feule por-te qui lui fut ouverte, elle ne périt en-fin par la famine. Les Seigneurs de Ber-ne en particulier, étoient là dessus en degrandes apréhenlions. Ils en firent partaux Cantons de Zurich, de Baie, Sc deSchaisouse , Sc les engagèrent à penseravec eux, aux moyens de tirer leurs Al-liez de Geneve , de la situation dange-reuse où ils se rencontroient. Les Can-tons ayant envoyé à ce sujet leurs Dé-putez à Berne, il y fut résolu que lesquatre Cantons Protestans proposeroientau Duc de Savoye d un côté , Sc auxGenevois de l’autre, de prendre des me-sures pour parvenir à quelque accommo-dement ; A quoi ils esperoient ausfi deréiisïïr ; parce qu’on leur avoir proposéde la part du Duc de Savoye , de mé-nager une Trêve avec la Ville de Gene-ve. Les Envoyez de Zurich, Berne, Ba-ie Sc Schaffeuse , partirent de Berne danscet esprit, au commencement de Novem-bre : lis dévoient aller vers ce Prince,Sc en passant par Geneve , exhorter lesSeigneurs de cette Ville , à écouter lesPropositions de Paix : Ils y arrivèrent lejour qui précéda la nuit de la surprise deVersoy: Ils curent audience du Conseil, oùils s’aquittérenr de leurs ordres. Commel’on étoit en ce tems là, dans une situa-tion plus avantageuse, que lors des Con-férences de Nion , ils trouvèrent les es-prits un peu difficiles, Sc dans une gran-de défiance , fur les furetez qu’on pour-voi t avoir de la part de la Savoye , del’obfcrvntion de ce qui seroit convenu ;Mais la conquête du Bourg Sc du Châ-teau de Versoy, acheva de déterminer
absolument les Seigneurs de Geneve à nepas écouter ces Propositions : Et les En-voyez des Cantons sentirent eux-mêmes ,qu’il n’y avoir pas lieu de les preffer làdessus: Ils déclarèrent même, que lesraisons qui aroient porté leurs Supérieursa faire la démarche dont ils étoient char-gez auprès du Duc, ayant cessé, savoirla crainte que la Ville de Geneve ne futaffamée Sc réduite à la derniere extrémi-té, ils ne continueroicnt point leur voya-ge vers ce Prince. Ils partirent en effetdès le lendemain, pour retourner chezeux.
Cependant le Traité qui avoit été né-gocié à Nion , Sc que les Seigneurs deBerne n’avoient point encore ratifié, fai-soit du bruit en Suide. On sçut qu’ilcontenoit des articles, par lesquels il é-toit dérogé au Traité de Lausanne, faiten 1^64. sur ce qui regardoit l’état dela Ville de Geneve, Sc l’exercice de laReligion Protestante, dans les Bailliagesque les Bernois restituèrent au Duc deSavoye par ce Traité. Les Seigneurs deBerne en sentant la conséquence, envoyè-rent à ce Prince les Sieurs De BonstettenSc D’Eriach, pour le porter à changer cesArticles. Ils les chargèrent en même temsd’une Lettre pour les Seigneurs de Ge-neve, qui tendoit à les persuader de met-tre bas les armes, en cas que le Duc deSavoye voulut écouter leurs Propositions.On répondit aux Envoyez de Berne, queles Seigneurs de Geneve souhaitoient ar-demment la Paix, pourvu qu elle fut so-lide Sc durable ; ce qui ne pouvoir être»à moins qu’elle ne se fit de concert avecle Roi de France , lequel auroit tout su-jet d’être irrité , après les engagemensque la République avoit avec lui, si onla concluoit fans fa participation; auquelcas , il ne voudroit entendre parler d’au-cun dédommagement pour les sraix dela Guerre ; qu'auffi son Ambassadeur enSuiflè avoit écrit depuis peu des Lettres,
par.