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plus fort qu’auparavant, & les Assiégez qui avoient paru d’a-bord fort échauffez, demandèrent composition. On ne vou-lut les recevoir qu’à discrétion , & on les menaça de ne leurdonner aucun quartier , s’ils attendoient l’assaut. Ceux-civoyant qu’on ne vouloit point les traitter plus honnêtement,gagnèrent par une Porte de derriere le Pont d’Arve, que lesAssiegeans ne pouvoient garder, étant trop á découvert. Ilsse sauvèrent en désordre & furent poursuivis jufqu’à Bonne.Cela épargna bien des Soldats aux Assiegeans, qui n’eussentpas manqué d’en perdre beaucoup dans un assaut, la brècheétant à une pique haut de terre , défendue par un Ravelin& une faussebraye, avec une terrasse derriere. Ce Château futdémoli ‘i mais l’ennemi le rétablit, & le rendit encore tenable.
C c c 2 Thonon
mit deux Compagnies en Garnison, quituèrent en une sortie vingt-cinq ou tren-te Savoyards , qui s’étoient aprochez detrop près ; mais enfin, au bout de quel-ques jours , il crut qu’il valoit mieuxabandonner cette Place, dans laquelle,d’ailleurs, il étoit bien difficile de se main-tenir long-tems , pour être trop avancéedans le Pais ennemi , & située delà laRiviere d’Arve. Après donc l’avoir dé-molie, il s’en revint avec toutes les Trou-pes > qui quittèrent le p. Janvier le Fau-cigni, où les Savoyards s’étoient consi-dérablement renforcez.
Sanci, depuis cette expédition, auroitsouhaité d’en faire quelque autre ; maisles Troupes mal payées, Sc mal entrete-nues , (car on n’avoit, ni argent, ni blé,ni autres denrées,) commençoient à se lasfer de la Guerre ; de sorte, que ce Gé-néral n’en pouvoit pas disposer à sa vo-lonté : il auroit bien voulu aussi, queGuitri, qui devoit depuis long-tems ame-ner des Troupes dans Geneve, y fùt ar-rivé ; mais au lieu de prendre la routede cette Ville » celui-ci s’en alloit, disoit-on, en Bresse ; en sorte que Sanci voyoitpeu d’aparence de faire avec succès, dcnouvelles entreprises. Chagrin de se voirainsi borné , à garder les murailles deGeneve, il témoigna qu’il ne pouvoit pasy rester long-tems, & il prit pour pré-tests
Espagnol, leur Chef. On les poursuivitdepuis Magni, jusqu’à un Bois qui étoitprès de la Roche , où les Savoyards a-voient logé leur Infanterie. Il demeuradans cette action soixante Lanciers Espa-gnols ou Milanois fur la place , & onleur prit quarante Chevaux avec force,armes Sc bagages. Les Genevois n’y per-dirent que deux des leurs.
C’est ainsi que l’ennemi fut défait dansle tems qu’il croyoit de surprendre lesGenevois , qui ne s’attendoient point àíà venue. Pendant ce tems là Sanci fu-ioit battre vigoureusement le Château deBuringe ; mais ayant entendu l’alarme,il ramassa promptement tout ce qu’il a-voit de Troupes avec lui, pour aller sou-tenir les autres , lesquels il eut le plai-sir de rencontrer, revenant de vers la Ro-che , de la poursuite des Fuyards. Ilsreprirent tous ensemble la route de Bu-ringe , Sc continuèrent de battre cettePlace avec toute la vigueur possible. Lelendemain z. Janvier, après que les As-siégez eurent essuyé soixante Sc douzecoups de Canon, ils demandèrent à ca-pituler , Sc qn’on leur accordât une com-position avantageuse , laquelle on leurrefusa.
* Sanci trouva à propos de garder ceChâteau ; II voulut même le rendre plusfeu en y faisant quelques Bastions : B y
1591.