__ Z88 Histoire de Cenev e.
1591. Thonon sut aussi reprise par Guitry. Les Soldats Fran-c.Fevrier. çois ne pensans qu’au butin , y commirent de grandes vio-lences. Le Château se rendit à composition, Sc on y trou-va des munitions pour six ou sept mille Ecus dor. On ensit autant à Evian, ceux du Château que commandoit leSieur de Bonvillars tinrent bon quelques jours, & ne voyantn.Fevr. point arriver de secours, se rendirent, armes, & bagues fau-ves. Le Pais fut ensuite saccagé. Dans ces entrefaites, lesChefs de l’Armée Royale tenant Conseil de ce qu’ils avoientà faire aux environs de Bonne, apprirent qu’il étoit arrivévers la Roche six milles Fantassins, quatre cens Dragons &cinq cens Lanciers du Duc.
Olivarez. vieux Capitaine, qui commandoit les Espagnols
de
texte du départ précipité qu'il méditoit,de faire les affaires du Roi son Maitre,qui l’apelloient ailleurs. U fe plaignoitauíf, de ce que parmi le Peuple, on te-rroir de mauvais discours, contre les Trou-pe» qu’il avoir amenées, & les Officiersqui les commandoient.
Le Conseil s étant aperçu du dessein defltnci, le pria avec de grandes instancesde ne fe pas retirer, ou s’il vouloir ab-solument s en aller , de laisser du moinsquelques unes des Compagnies qu’il avoiramenées. On le pria auffi, que commela Guerre s étoit faite, dès le commence-ment, au nom du Roi , & que la Sei-gneurie avoir fait les avances de toutesles dépenses qu’il avoir falu faire pourla continuer , avances qui étoient trèsconsidérables, Sc qui furpastoient de beau-coup les forces de la République, de vou-loir reconnoitre le compte qu’on lui pro-duiroit de cette dépense , St le signer.On lui dit encore, que la Ville de Genè-ve s'étant, par les divers contre-tems quiétoient arrivez, soutenue feule contre lesSavoyards, & ayant fait des efforts, quialloient fort au delà de ce qu’on avoitpensé d’abord , il étoit juste qu elle tirâtplus d avantage de la Guerre , qu’on nelui en avoit tait efperer , avant que l’oneut encore rien fait, & que l’on eut fçûpar expérience , de quel usage elle pou.
voit être à la cause commune: Qu’ainíì,on le prioit de faire enlorte , auprès duRoi, que ce Prince accordât des condi-tions plus avantageuses à cette mêmeVille , à proportion des services qu’ellaavoit rendus , que celles qui lui étoientaccordées par le Traité fait a u mois d’A.vril 158p. c’est-à-dire, qu’qn étendit leTerritoire qui lui feroit laine , au-delàdes bornes marquées par ce même Trai-té. Ensin , on vouloir exiger de lui,qu’il pourvût à l’entretien des Troupespour 1 avenir, la Ville , épuisée commeelle l’étoit, n’étant pas en état de lefaire.
Sand promit tout ce qu’on voulut, &en particulier fur ce dernier article , ils’engagea à faire tenir aux Seigneurs deGeneve , la somme de trois mille Ecustous les mois , pour la solde de deux.Compagnies de pied, Sc d’une de Cava-lerie. Mais dans le tems qu’il étoit prêta partir, il renvoya de le faire, fur l’a-yis qu’il eut que Guìtrì s’avançoit avecles Troupes , pour venir à Geneve. Ré-joui de cette bonne nouvelle, il deman-da d’avoir audience en Deux Cent, danslaquelle il promit de faire avec le Sr. deGuitn , quelque expédition considérable ,qui mit au large la République , aussi-tôt qu’il feroit arrivé. Il pria en mématems 1e Conseil, de lut donner mille cou-pes