__ 396 Histoire de Geneve.
1593. du consentement de la Seigneurie , il s’aboucha’avec le Ba-is». Mars. ron d'^lermance 3 ce qui ne produisit rien , & le mois sui-vant ayant eu quelque petit mécontentement de certaines17,Avril. Procédures trop précises, contre lui & ses gens, il demandason congé.
Après
dition. II alla à la tête de six-vingtsSoldats , quoi-que le froid fut fort âpre,Sc la Campagne couverte de Neige, versun Château nommé Arsena, delà la mon-tagne du U^ache ; ceux qui étoient de-dans, furent fommez.de fe rendre, cequ’ils refusèrent d'abord, jusqu’à ce qu’é-tant pressez de plus près , tant par lamoufqueterie, que par le feu, que lesAssiegeans mirent aux portes du Château,ils capitulèrent : On y trouva quaranteBêtes à corne, Sc quelques Chevaux,que les Soldats emmenèrent avec d’autrebutin à Geneve. Le 7. du mois de Mars,les Genevois ayant apris qu’il y avoirtrois Compagnies de Cavalerie Savoyar-de , au Château d’Yscrier en Faucigny,le Baron de C onforgien y alla, avec deuxcens Hommes de pied Sc cent Chevaux,pour les forcer, s’il étoit possible ; maisces Compagnies ayant quitté ce lieu là,Consorgien avec fa petite troupe , prit lechemin de la Roche : U entra dans lesFauxbourgs de cette Ville, où il y avoirquelque Infanterie , fur laquelle les Ge-nevois s’étanr jetiez, ils laissèrent tren-te des ennemis fur la place, outre lesblessez, firent quatre prisonniers, & em-menèrent avec eux des armes Sc du bu-tin.
Quoi-que les actes d’hostilité conti-nuassent de cette maniéré, cela n'empê-cha pourtant pas les deux Parties , depenser à faire quelque accord entr’elles ,fur certaines choses, qui ne pouvoientque leur porter, aux uns Sc aux autres,un très - grand préjudice , fans qu'il leuren revint aucun avantage : Le Baron deConsorgìen Sc celui d’Hermxnce eurent, àce sujet, une Conférence, le 19. de Mars,Sc il fut , comme convenu entr’eux ;«Que les Femmes ne seroient pas dansala fuite, de bonne prise, non plus que»Ies enfans au-dessous de seize ans ; Que
5,Ies Laboureurs, les Bêtes de laboura-»ge Sc de charriage, ceux qui les mêne-«roient Sc leurs Chariots , seroient austi«en fureté j Enfin , que les Soldats quiB seroient faits prisonniers de Guerre, de«part Sc d’autre, seroient relâchez, en«payant pour leur rançon, la solde d’un«mois, Sc leurs dépens, pourvu que ce«fut dans Pefpace de quinze jours, après«lequel terme , ils seroient à la discrétion«du Parti, qui les auroit fait prisonniers.
Quelques jours après Joachim de RieMarquis de Trejfort , fit passer la Cluseà trois cens Chevaux, Sc à quatre cens Fan-tassins , qui entrèrent dans le Pais de Gex,Sc y firent lc degat. Aprcs-quoi, ces Trou-pes fe retirèrent incontinent, s’étant con-tentées d’emmener avec elles quantité de.bétail , Sc de faire divers prisonniers. CeCapitaine prit ensuite une autre route,il vint à la tête d une Compagnie de Ca-valerie, du côté de Cologni, Village quiest à une demi lieuë de Geneve , où ildemeura campé pendant quatre jours, cequi mit les Seigneurs de cette Ville enquelque peine, Lc qui leur fit craindrequ’il n’attendit de plus nombreuses Trou-pes , pour quelque entreprise considéra-ble, ce qui n’arriva pourtant pas ; Tref-sort avec son monde , s’étant retiré fansrien faire le 27. Mars.
Il y eut quelque mésintelligence avec leBaron de Consorgìen , ce qui l’obligea àdemander son congé, qui lui fut accor-dé , fous la condition pourtant, de re-venir, quand il feroit redemandé. 11 par-tit de Geneve le 17. Avril. Trois joursaprès son départ, dix Cavaliers Savoyards,firent une course jusques fous les murail-les de la Ville, où ayant rencontré, prèsdu Fossé de la Porte de Rive, deux Bour-geois qui n’étoient point armez Sc qui fepromenoient, sc jettérent dessus, Sc lestuèrent,.
Têtu