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Tome premier.
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399
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Livre III. 399 _

dans lc tems que fut faite une Trêve de trois mois, entre 1593.

le

trouvèrent avoir plus ou moins de bon-ne volonté'. Cette course faite , il re-vint à la Cour , rendre compte au Roide Ion voyage, dans le tems précilèmentque tout étoit dispose pour le change-ment de Religion de ce Prince. 11 crai-gnit que le Roi , uni comme il le seroitaprès cela, avec les Catholiques-Romains,son affection envers la République de Ge-neve, ne diminuât, 5c que fur les bruitsqui se répandoient en même tems , d ti-ne Paix prochaine , les intérêts de cetteVille ne fuílent négligez dans le Traitéqui s’en pourroit faire. Pour s’éclaircirfur ce sujet, ce Député prit le parti des’adreffer au Roi, à Mante , où Sa Ma-jesté étoit alors, ce qu’il fit d une ma-niéré qui ne déplût pas à ce Prince. 11lui dit; «Que si le bruit qui couroit,«que l'on parloir d’une Paix , étoit vé-ritable , il ne doutoit point que le Duc«de Savoye ne cherchât â faire son Trai-«té > aux dépens de Geneve, ôc que pi tr-usteurs qui se disoient serviteurs du Roi,«ôc auxquels le nom de cette Ville étoit«odieux , ne s’efforçassent d’en persuades«la nécessité : senti mens bien contraires«à la politique des Augustes Prédécesseurs«de Sa Majesté, lesquels, quoi-que d’u-«ne Religion differente, mais affection-«nés à l’Etat, avoient toujours regardé«Geneve , dans la situation où elle est,«comme une Ville très utile à la Fran-«ce ; ce qu’elle avoir fait voir, en effet,«dans ces derniers tems, en se soutenant«avec constance , contre les forces du«Duc. Qu’entrant dans toutes les vues«des Ministres de Sa Majesté, le public«non seulement leur avoir fourni de i’ar-jjgent, auísi long-ttms qu’il avoir été en«état de le faire , & avoir employé son«crédit auprès des Etrangers , pour leur«en faire trouver ; mais auísi les parti-culiers avoient contribué du leur, avecami si grand zèle , & une abondance sin fort au-deffus de leurs forces , que plu5 ,sieurs familles s’y étoient ruinées. Qtsil«suplioit donc très-humblement Sa Ma-«jesté, que si Elle traitoit de paix, il lui«plût de se souvenir d’eux 5c de leurs

«services paffez, 5c d’être persuadée, queu> attachement inviolable de la Ville de«Geneve à son lervicc , dureroit autant«que Ion existence.

Le Roi , après avoir écouté Chevalieravec attention, lui répondit; «Que l’on«parloir à la vérité d’une Paix ; mais qu’il«n’y avoir rien d'avancé, ni même au-cune aparence qu’il se put faire qt'.el-«que chose : Que quand il en seroit ain-«si , 5c que le Duc de Savoye cherche-«roit à s accommoder , la Ville de Gene-»ve devoir être affurce , qu’ayant pour«elle autant d’affection qu’il en avoir,«5c depuis si long-tems , il ne seroit, ni«avec ce Prince, ni avec tout autre, au-cun Traité qui pût lui porter préjudi-ce ; qu’au contraire, s’il avoir eu, par«le passé, de l’attachemcnt pour cette Vil-«le, il en auroit encore davantage à i’a-«venir ; Qu’il étoit parfaitement informé«de ce quelle avoir fait pour Ion servi-«ce, 5c qu’il faisoit de sa constance, tout«le cas quelle méritoit. Chevalier, aprèsavoir remercié le Roi , des nouvelles as-surances que Sa Majesté venoit de luidonner , de son affection envers les Sei-gneurs de Geneve, se retira.

Quelque tems après , ce Prince ayantembrassé la Religion Romaine, (es Mi-nistres excusèrent auprès des Protestansle parti qtt’il avoir pris. L’Ambaffadeurde France en Suisse , écrivit à ce sujetaux Seigneurs de Geneve : 11 leur mar-quoit que le Roi l avoir fait, tanr pourrétablir la Paix dans son Royaume, quepour s’aquitter de la parole qu’il avoirdonnée à son avenement à la Couronne;par où auísi Sa Majesté commençant àjouir de quelque repos, elle seroit plusen état de faire sentir à ses bons amis ,les esters de fa bienveillance , laquelleils verroient même augmenter tous lesjours.

Quelque tems auparavant , Chevalieravoir obtenu du Roi, une concession parlaquelle, il permettoit aux Seigneurs deGeneve , de faire contribuer les habitansde Gex, de Chai lais, Si de F aticigni, Side contraindre les sujets de subir jugement

de-