__ 400 Histoire de Geneve.
1593. le Roi de France & les Princes de la Ligues. Elle fut décla-9. sept. rée au vue, qui l’accepta. Le Secretaire du Duc de Lefdi-
guieres apportant copie de cette Trêve, vint à Geneve pourlavoir si elle vouloir y être comprise ; elle fut acceptée parle Conseil des Deux Cent, & publiée le 16. Septembre.
Six jours après, arrivèrent des Députez des quatre Can-tons Protestans, pour offrir leur médiation entre le Duc &la Ville: dont ils furent remerciez, leur ayant été réponduque la Ville ne pouvoir fe détacher des intérêts du Roi Très-Chrêtien, qui ne les oublieroit pas s’il faiíoit la paix Les
1594, Trêves furent cependant continuées , & observées les deux
années
devant les Juges que la République leurctabliroit. II obtint aussi une reconnois-sancc des sommes que le Roi devoir auxGenevois , selon les Comptes qui enavoient été arrêtez avec les S'\ de Sand& de Guitrl en differens tems, qui setrouvèrent monter alors à celle de troiscens cinquante sept mille, trois cens qua-rante écus, laquelle somme le Roi enten-doit devoir être rendue aux Seigneurs deGeneve, le plutôt qu’il seroit possible,& que ses affaires pourroient le permet-tre. Chevalier suivit encore la Cour pen-dant quelque tems de lieu en lieu, &s’en revint ensuite à Geneve au mois deFevrier 1594. rendre compte à ses Supé-rieurs de fa négociation.
s Les affaires de France changèrent deface, par le changement de Religion duRoi : L’on y vit tout d’un coup ceuxqui croient les plus animés à la guerre,revêtir des dispositions à la paix : L’oncommença par parler d’une Trêve gene-rale pour trois mois, qui fut acceptéepar les deux partis, & publiée à Paris& à St. Denis le $1. de Juillet. Tousceux qui avoient eu part à la Guerre ycroient compris , à la réservé du Ducde Savoye , qui en étoit excepté en ter-mes exprès, s’il ne se dédaroit dans unmois après la publication. Ce Princequi craignoit, avec raison, que toutes lesforces du Roi ne lui tombassent dessus,prit le parti qui lui étoit offert, & avantque le terme fut expiré, il déclara qu’il
acceptoit la Trêve, laquelle Lesdiguieresayant conclue avec lui, il en donna avisaux Seigneurs de Geneve, afin qu’ils ypussent entrer, s’ils le trouvoient à pro-pos. Cette Ville étant lasse autant q réel-le l’étoit de la Guerre, & hors d’étatde la continuer, ne pouvoir qu’embras-ser avec plaisir , un parti qui lui conve-noit autant que celui qu’on lui propo-sent. C’est aussi ce quelle fit. Le Con-seil Ordinaire ayant sait assembler celuides Deux Cent íe Dimanche t S- de Sep-tembre, pour l’informer de la chose , laTrêve y fut acceptée, Sc on résolut d’enfaire la publication le même jour , partoute la Ville, au son des Tambours &des Trompettes.
r Le Roi craignant que l’assection desCantons Protestans, & leur attachementà son service, ne diminuât, à l’occasìonde son changement de Religion , leur en-voya le Sr. Joseph Ducbejne Sr. de laViolette , les assurer de la continuation defa bienveillance. Le même eut ordre depasser à Geneve, pour donner aux Sei-gneurs de cette Ville les mêmes assuran-ces. La Violette eut Audience du Con-seil le u. Octobre, dans laquelle il dit;Que Sa Majesté avoit apris avec une sin-gulière satisfaction, la fermeté & la consetance avec laquelle la Ville de Geneveavoit été attachée à son service ; Qu’ain-fi, il avoit ordre de dire, que l’assectionde ce Prince envers une République quiavoit fi bien mérité de lui, & à laquel-