Band 
Tome premier.
Seite
405
JPEG-Download
 

L 1 V R E I I I. 405_

avoit ajouté de fa propre main, au trente quatrième article, 1598»pour l’instruction du Sieur de Botheon Envoyé au Duc, pourrecevoir le ferment; que fous la généralité des Alliez & Con-federez des Seigneurs des Ligues, étoient compris ceux deGcncve z . Chapcaurouge leur Député vers le Roi en rap-porta des Lettres qui contenoient des promesses, de tout ceque fa Majesté devoir à la Ville, pour les Iraix de la Guer- j^í.re. On témoigna la joye qu’on avoit de cette paix par les

E e e 3 fal-

* De Chapeaurouge avoit fait tout cequ’il avoit pú , à la Cour de France, Siauprès du Roi en particulier, pour ob-tenir le remboursement d’une partie desfraix que la Ville de Geneve avoit faitspendant la Guerre : II prit son tems pourlui parler, Sc dans l’entretien qu’il eutavec ce Prince , il lui fit une vive pein-ture des besoins de cette Ville, & luidit, qu’ils étoient tels, que s'il ne plai-soit pas à Sa Majesté de lui faire rendreune partie de ce qui lui étoit dû , elleétoit menacée d’une ruine entiere. Quecependant elle n’avoit point perdu, nile courage , ni rattachement à son servi-ce , qu’au contraire, elle étoit dans l'in-tention de s’y employer plus que jamais,pourvu qu’il plut au Roi de la mettreen état de le faire. II le pria ensuiteinstamment , fur le bruit qui couroitd’une paix prochaine, même avec le Ducde Savoye, de fe souvenir de la Ville deGeneve : Le Roi , dont les affaires n’é-toient pas dans une situation à rembour-ser encore les Genevois , ni en tout, nien partie , ne répondit rien sor le pre-mier article ; mais fur l’atttre [, il assuraDe Chapeaurouge , qu’il ne traiteroit ja-mais avec le Duc de Savoye , que laVille de Geneve ne fut comprise au Trai-té , & qu’il ne pourvut à fa fureté, au-tant qu’à celle d’aucune Ville de sonRoyaume , puis qu’il lui avoit des obli-gations très particulières, lesquelles iln’oublieroit jamais.

La paix ayant été publiée à Vervins leII e - Juin, De Chapeaurouge crut qu’ildevoit venir rendre compte à ses Supé-rieurs , de la gestion : Il raporta une Let-tre du Roi aux Seigneurs de Geneve,

fur la demande du remboursement desfraix de la Guerre , 6c fur ce qui regar-dent l’intérét de leur Ville, dans le Trai-té de Paix, dans laquelle ce Prince s’ex-prinroit de la maniéré suivante.

Tris chers & ions Amis ,

«Ayant reçu vos Lettres du u. du«mois de Decembre , de l’année der-niere, par le sieur Dauphin vôtre Sin-pdic 6c Conseiller, 6e entendu sa creatr-ice, nous eussions été très ailes de pou-rvoir satisfaire à vôtre désir, 6c à la su-pplication qu’il nous a faite de vôtre,,part, aussi pronrrement que le méritea vôtre affection envers nous 6c notrepRoyaume, 5c le désir que nous avonspde vous contenter, ensemble la justicepde vôtre demande ; Mais la trop lon-«gue continuation des troubles de nôtrepRoyaume, 6c les derniers efforts quepitons avons faits, pour achever de le«purger 6c nettoyer du tout d’iceux, ontptellemment apauvri nos Sujets, 6e épui-psé nos finances , qu’il nous a été im-ppoísible de ce faire présentement j com-pute nous espérons 6c vous assurons, que«nous avons volonté de faire ci-après,«avec l’aide de Dieu, puis-qu’il lui applú nous donner la Paix publique, par«le moyen de laquelle nous eiperons,«nous déchargeant du faix de la Guerre,«prendre haleine 6c remettre nos affairesm en tel état, que nous pourrons être«plus utiles que jamais à nos bons Voi-psins , amis ôc Alliez , au rang deíquels«nous vous prions de croire que vous«tiendrez toujours tel lieu , que vousppouvez desirer de nous. Nous vous a f.«lurons aussi, que nous avons eu bonne«souvenance de vous, & de ce qui vous

con.

s

t

i