Livre 111. 407
Elle fe fie à Hermance entre les Députez cle l’un & de l’au-tre parti, & dura depuis le 17 . Octobre, jusqu’à l’onziémeNovembre. Les Députez de S. A. étoient les Sieurs Jacobson Lieutenant deçà les Monts, le Président Rochettc, lePrésident Berliet Baron du Bourget, Lambert Baron de Ter-ny, & Marin Comte de Viry. Les Députez de Genève étoient,les Conseillers Maillet, Dauphin, Lect & Rofet, avec le Se-crétaire Jean Sarrasin. Ceux de Savoye produisirent leurs De-mandes, aux-quelles ceux de Geneve firent réponse & établi-rent leurs droits. Les premiers fournirent une répliqué, & lesderniers une duplique ; de forte que cette Conférence d’Her-mance, dont on a gardé des copies, est comme un recueil detout ce qui se peut dire sur cette matière, & se roi t un Livreentier dune grosseur raisonnable c . Elle laissa pourtant les af-faires
de cette re'ponse qui parut vague , &n’annonçoit rien d’atluré fur la Paix : Onavoir d’autant plus de sujet de n’en êtrepas satisfait, que rAmbaíradeur de Fran-ce , dont on vient de parler, lequel a-voit eu des ordres très précis , de faireconnoitre au Duc , que si la Ville deGeneve ne jouissoit pas des avantages dela Paix , dans laquelle elle étoit compri-se , Sa Majesté y feroit très sensible, s’é-tant aquitté auprès du Duc de Savoye,de ces ordres , n’en avoir eu d’autre ré-ponse que celle - ci ; «Qu’il n’entendoit«point que Geneve sut comprise dans la«Paix , à moins que toutes les Puissan-aCes, qui avoient fait le Traité , neuf-„sent fait, en faveur de cette Ville, unea déclaration semblable à celle du Roi ;«Que cependant il ne prétendent pointapour lors , faire la guerre aux Gene-avois.a Le Duc après avoir demeuré quel-que tems à Chamberi , vint à Thonon ,au mois de Septembre. On crut que cePrince s’aprochant autant qu’il failoit deGeneve, on devoir lui faire une nouvel-le Députation : * 'Maillet , De Chapeaurouge& Sarrasin , sure"r choisis pour cetteCommission. 11s v. ient chargez, aprèslavoir assuré des respects de la Républi-que , de lui porter des plaintes fur les
vexations que les Officiers de la Savoyecommencoient à exercer contre les Ci-toyens de Geneve, à l’égard des Tailles& des Péages, Sc de quelques autres ar-ticles. On leur répondit concernant cesplaintes; «Que Son Altesle étoit dans le«dessein de traiter cette Ville avec tou-«te la douceur possible , pour agréer en«cela à Sa Majesté Très-Chretiennc, qui«lui en avoir recommandé les intérêts ,«d une maniéré très-expresse ; Mais qu’aii«lurplus , il trouvoit qu’il feroit à pro-«pos d’examiner à fonds dans une Con-férence , (es prétentions fur Geneve, a-«vant qu'il repassât les Monts, dans un«lieu qui ne fut pas éloigné de certe«Ville , comme à Hermance. Maillet ,De Chapeaurouge & Sarrasin, ayant ra-porté cette proposition à leurs Supé-rieurs , la Conférence fut acceptée parle Petit & par le Grand Conseil ; mê-me on n'y hésita pas, dans la persuasionoù l’on étoit , que la cause de la Ré-publique ne pouvoir que gagner, d’ê-tre exposée au grand jour.
c Les Actes que les Députez de Ge-neve produisirent à la Conférence, étantd'une grande force , pour établir l’indé-pendance de cette Ville, de la Maison deSavoye, les Envoyez de Son Altesse fou-
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Octobre.