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Tome premier.
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408
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_ 408 H I s T O I R E DE GENEVE.

1598. faires aussi embrouillées qu’auparavant, étant bien difficile,pour ne pas dire impossible, que ces deux Etats, opposésd’intcréts & de Religion, puisent trouver les moyens îi’uneparfaite & solide union, l'un avec f autre. Le Roi même, pour empêcher l’aigrcur des deux partis ,donna, comme il avoir déja fait, Lettres dattées de l’onziémeNovembre 1599. par lesquelles il déclare, en faveur de ceuxde Geneve, qu’ayant eu & voulant encore avoir le foin dela conservation de la Ville & de son Territoire, il entendqu’elle foie comprise sous le nom d’Alliez & Confederez des

Ligues,

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haitérent de voir les originaux des co-pies , qui avoient été produites à Her-mance. Ils vinrent pour cela à Geneveavec les Députez de cette Ville , qui a-voient été à la Conférence. On les con-duisit dans les Archives publiques, oùils virent les Originaux dont il s’agiíToit.Us souhaitèrent d'avoir audience , nonseulement du Petit Conseil, mais enco-re de celui des Deux Cent : L’ttne &l’autre leur fut accordée. Ils détendi-rent beaucoup fur les prétendus droitsde leur Maitre, Sc déployèrent toute leuréloquence, pour porter ceux à qui ilsparloient, à entrer dans leurs sentimens:Mais ils n’y gagnèrent rien du tout : Onleur répondit, à la vérité, de la manié-ré la plus honnête que l’on pût ; maisqui leur ôtoit en même teins toute es-pérance de jamais rien obtenir de cequ’ils cherchoient. On leur dit , queplus on examinoit ce qui avoit été ditde part & d’autre, dans les Conférencesd'Hermance, plus on s’afsermislbit dansla persuasion de la solidité des droits dela République, Sc de son ancienne Liber-té Sc Souveraineté. Qu’au reste, on re-mercient très humblement Son Altessedans leur personne, de la gracieuse Scde l’honorablc Procedure , qu’il lui avoitplû de tenir dans cette affaire, pour ter-miner , s'il eut été possible , les difficul-tez. Qtfon íùplioit ce Prince, de vou-loir revêtir des dispositions tous les joursplus favorables , pour la Ville de Gene-ve, qui dans fa petitesse , feroit toujoursprête à lui rendre tous les honneurs Sc

tous les services possibles. Ces Conféren-ces , au reste, n’aboutirent à rien. LesCommissaires des deux cotez étant de-meurez fermes dans leurs idées. Aussiles esprits, dans la fuite , s’aigrirent tousles jours davantage, comme M. Spon leremarque, & les particuliers de Genevequi possedoient des Fonds en Savoye,continuèrent d'être vexez par raport auxTailles Sc à d’autres Articles.

ll Après les Conférences d'Hermance8 c fur la fin de farinée 1598. l’on fut ende grandes inquiétudes dans Geneve >par raport aux desseins du Duc de Sa-voye. Ce Prince avoit fait des levéesen Italie , en Piémont, Sc en Savoye. Etafin que la France n’en prit point d’om-brage, il fa i soi t publier que c’étoit auxBernois qu’il en vouloir; parce qu’ils lilidétenoient le Païs-de-Vaud , à un titreplein d’injustice. 11 avoit même envoyéFoncus ion Secretaiie au Roi, pour lelui déclarer, Sc le prier de quitter la pro-tection de Geneve , en recevant le Mar-quisat de Saluces sous certaines condi-tions. Sur l avis que les Bernois eurentde ce qu’on vient de dire, ils envoyèrentà la Cour de France, leSr. d e Dtesbach,pour veiller à leurs intérêts; Sc les Gene-vois firent partir incessamment pour lamême Cour, le Sr. De (hapeaurouge. LeRoi, pour les rassurer , leur écrivit quel-que tems après , la Lettre suivante.

nTres chere & bons Amis ; Devant I ar-rivée de vôtre Député le Sr. Dauphin,„par lequel j’ai reçu vos Lettres du 2?.«Novembre, j’avois fait dépêcher la dé-clara-