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ble ; depuis le matin jusqu a 11. heures avant midi, après plu- 16oo.heurs grands Tonnerres , le Rhône fit en 3. ou 4. reprisesune eípece de flux & reflux, c’est-à-dire, qu’il s’arrêta autantde fois fans couler, ses eaux remontant dans le Lac & lais-sant son lit à sec , en des lieux où auparavant il y avoit plusde 5. pieds d’cau; les Batteaux qui étoient au Port du Lacdemeurant aussi à sec : jusques-là même que les cnsans y pri-rent de petits poissions, & de même les Couteliers qui de-meuroicnt fur le Pont, allèrent dessous ramasser de la fer-raille ; mais l’eau amoncelée revenant en même tems, ils n’a-voient plus belle hâte que de se sauver. Si l’un de ces rcrflux eut duré seulement un quart d’heure, les maisons duPont du Rhône, & une partie de S. Gcrvais eussent été endanger d’être abîmez, par le grand amas d’eau qui revenoità couler tout d’un coup. II y a grande apparence que cettemerveille de nature, arriva par une cspcce de tremblementou soulèvement de Terre, par lequel le terrein, sous l’cndroitd’où le Rhône sort du Lac, étant élevé trois ou quatre fois,par les vapeurs souterraines agitées, empêcha le Rhône dccouler, & que le même terrain se rabbaislànt par sa proprepesanteur, il reprenois sa course ordinaire. Ce qui arriva l’an1584. dans ce grand tremblement, qui souleva cette ravinede terre, dont nous avons parlé, & fit avancer le Lac dunevingtaine de pas, en est une assez forte confirmation: & ladisserence qu’il y avoit, c’cst que ces exhalaisons n'eurent pasassez de force pour s’ouvrir passage, & pour faire sentir cemouvement aux environs: ce qui est encore plus pressant,c’est qu’un an après au même mois, une heure après minuit,la Terre trembla depuis Genevc jufqu’en Suisse, d’une si rudesecousse, que Monsieur Jacques Godefroy remarque dans sesMémoires manuscrits, que son lit en sut balancé, comme unberceau à droit & à gauche.
La Guerre de Savoye fut terminée par l’entremise du Le- 1601;
G g g gat 17. Jan*.