IÓOI
_ 418 Histoire de Geneve.
. gat Aldobrandin 1 , & par l’échange de la Bresse, que le Ducaccorda au Roi pour le Marquilat de Saluces. Sa Majesté,
déclara
1 La démolition du Fort de Ste. Ca-therine, irrita beaucoup le Légat Aida.brandin, Sc retarda la conclusion du Trai-té. AuíTì-tót qu’il en eut l’avis , il enfit grand bruit ; il se plaignit d’avoir étémoqué par les François ; il dit que ladignité du Saint Siégé avoir été violée;que le Roi avoir eu plus d’égard à lafureté d'une Ville, qui profelïoit une faul-se Religion , qu’aux prières du SouverainPontife. Il menaça, il fulmina, Sc com-me on lui avoir manqué de parole, ainsiqu’il le prétendoit, il dit qu’il retiroit lasienne. Silleri, pour apaiser ces clameurs,répondit en deux mots ; Que le Roi ,dans l'état où étoient les choies, n’avoitbesoin de la Paix » qu’autant quelle pou-voir être agréable au Pape, qu’il n’avoitprêté jusqu’alors les oreilles , aux propo-sitions qui lui en avoient été faites, qu’àla considération Sc à l’instance de Sa Sain-teté : Mais qu’érant dans la dipositionde lui agréer dans cette affaire, commedans toute autre ; il étoit juste austi quele Pape n exigeât rien de Sa Majesté- decontraire, au bien de ses affaires Sc deion Royaume. Que le Roi son Prédé-cesseur n’avoit pas pris la défense de laVille de Geneve à la legere , Sc dans lasimple vûé d’en assurer le repos, commeles ennemis avoient affecté d’en répan-dre le bruit ; mais ensuite d’une mitreSc prudente délibération, Sc pour la sû-reté de ses Etats ; ce qui étoit si vrai,que les Cantons Suistès Catholiques , Scle Conseil de Sa Majesté avoient jugé,qu’il n’étoit pas possible de conserver d’u-ne autre maniéré l’Alliance des Suistcs.Le Cardinal, satisfait de ces raisons, s*a-paiiá , Sc le Traité fut enfin conclu le 17.janvier.
Pendant qtl’on le négocioir, Dauphin,qui étoit à Lion , fit ce qu’il pût poury faire inférer quelques articles en saveurdes Seigneurs de Geneve , Sc redoublaauprès du Roi Sc de ses Ministres , lesprières qu’on avoir faites depuis si long-tems , de réserver le Bailliage de Gexpour eux. Ayant remis mie Lettre de
leur part à ce Prince, fur ce sujet, le Ro»lui dit ; Je vous as ôté une méchante épinedu pied , en rasant te Fort de Ste. Cathe-rine. Je voudrais avoir pti abandonner lePais de Gex.
Nonobstant ce qu’on vient de raporter,les Seigneurs de Geneve sollicitèrent en-core la même affaire. Dauphin , qui a-voit suivi le Roi , de Lion à Paris, ScAnjorrant qui lui fut joint, firent de for-tes instances , pour que du moins cePais fut laissé à leurs Supérieurs en hy-pothéqué , ou à bon compte de l’Obli-gation qui leur étoit dûë , Sc pour leurtenir lieu en quelque maniéré, de ce quidevoir leur demeurer par le Traité faitavec le Sieur de Sanci. Mais ces instan-ces furent inutiles.
Dans ce tems-là , le bruit s’ctant ré-pandu en France, que le Comte de Fuen-tes Gouverneur de Milan , Sc le Duc deSavoye assembloient une Armée , aveclaquelle ils avoient dessein de se jetterfur Geneve , Dauphin Sc Anjorrant eurentAudience du Roi à ce sujet, qui leurpromit, que si les bruits qui courraientétoient véritables , il feroit avancer in-cessamment ses Troupes fur les frontières»Sc ordonneroit à ses Ambassadeurs à Ro-me Sc en Espagne , de dire de sa part ,que si le Duc. de Savoye saisoit quelqueentreprise contre la Ville de Geneve , ilviendroit en personne lui livrer bataille.
Ce qu’on vient de dire est conforme àce que ce Prince écrivoit le 10. Mai 1601.au Cardinal d’Ossat-*. Le Roi lui mar-quoit, «que si le Comte de Fuentes ve-«noit à attaquer la Ville de Geneve, com-«me il étoit obligé de la défendre , aus-«si étoit-il résolu de le faire, sans y épar-gner fa propre personne ni sa Couron-ne , quoi-qu’il en pût arriver. En quoi«il suivoit les engagemens Sc l’exemplt«des Rois ses Prédécesseurs , lesquels a-« voient pris à cœur cette défense , lors«même qu’ils persécutoient le plus ceux«de la Religion, de laquelle les Habitans«de cette Ville faiíòient profession. Que*les raisens qui aveiw porté les Rois
* Ce Car.dinal étoità F ornechargé desas aires deFrance,