1602.
* Son nomitoit Char-les de Si-
mianeSj'',
(f Albigni.
422 Histoire de Gexeve.
les Bourgeois ne pouvoient fe persuader , vû la foi jurée &la Paix contractée par deux sois, s'endormant sur les deuxTraitez de Paix de Ver vins & de Lion , ne considérant pasque l’invasion de ces Villages, & le saisissement de quelquesDîmes, étoient des étincelles d’un feu qui devoit bien-tôtéclatter.
On
dessus , Sc qu’elles dévoient être exécu-tées dans le tems du Jubilé, qui fe tien-droit a Thonon. Peu de teins après, leRoi de France écrivit aux Seigneurs deGeneve, qu’il avoit apris qu'un Capitai-ne qui étoit à la fuite de d ’Albigni*, mé-ditoit une Escalade contre leur Ville ,qu’il y avoit aussi deux entreprises con-tr'eux fur le tapis , de Tune defquelles leBaron de la Val-d'lsere, qui étoit au ser-vice du Duc , étoit le Conducteur , &sature étoit menée par à’Albigni. Aumois d’Avril suivant , un nommé Marc--Jiìtoine Vafeat , qui faifoit mine d êtreCatholique, quoi-que dans le fond, ilfut Protestant , & qu’il eut des païensdans Geneve, vint exprès de Rome, danscette Ville, pour dire confìdemment àquelques uns des principaux du Conseil,qu’il fe tramoit de grandes choses entrele Pape, le Roi d’Eípagne, & le Ducde Savoyc, contre la République > & quele Cardinal Aldobrand'm l’avoit fondé,pour savoir de lui , s’il voudroit servirces Puissances , dans le dessein qu’ellesavoient formé , lui ayant méme offertdes récompenses considérables , s’il pou-voir contribuer à le faire réussir. Cesbruits d’entreprises furent confirmez parune Lettre de Lesdlguitres > qu’on reçûtle 14. Mai.
Au commencement d u mois de Juillet,on eut un avis qui portoit, que le Ducde Savoye méditoit une entreprise, quidevoit être conduite par un nommé Bru-nauLieu , lequel avec A' Aiblgnl Sc l.imo-^eon » en avoit conféré avec Son Altessea Turin. Que les Troupes commandéespour l’exécution , dévoient donner entrois endroits à la fois, savoir à la Por-te de Rive , vers le Bastion de St. Leger,Sc vers le Quartier des Moulins près duRhône : Entreprise de laquelle le* Au-
teurs regardoient le succès comme infail-lible. Le Roi de France avoit avertiDauphin Sc Anjorrant du danger où étoitleur Patrie. II leur avoit dit que le Pa-pe l’avoit fait solliciter d’abandonner Ge-neve ; à quoi il avoit répondu, qu’ayanttrouvé à son avenement à la Couronnecette Ville Alliée de la France, il étoitobligé de la défendre, ce qui convenoitd’aillenrs à fes intérêts, Geneve étant,comme elle l’étoit, frontière de ses E-tats ; qu’ainsì ce n’étoit point la Reli-gion, mais la feule raison d’Etat qui l’en-gageoit à le faire. Que le Pape, à quiil avoit fait représenter ces raisons parl’Ambalsadeur qu’il avoit à la Cour deRome, les avoit trouvées bonnes. Quefur ces bruits là , il avoit ordonné auMaréchal de Lavardin de s’avancer avecses Troupes jufqu’à Châtillon de Michail-le , pour donner à penser au Duc de Sa-voye , & le détourner des vues qu’il a-voit fur la Ville de Geneve. Cet ordren’avoit pas pour but la seule fureté decette Ville: Le Roi fe proposent aussid’empécher par là, le passage de quatremille Espagnols, qui étoient en Savoye,& qui verdoient aller en Franche-Com-té, par le Pont de Grezin, pour se ren-dre ensuite en Flandres. La proximitédes Troupes Espagnoles causa de grandesinquiétudes dans Geneve , d’autant plusqu’on avoit des avis de divers cotez,que l’entreprise méditée par le Sr. d ’Al-bigni étoit prête à être exécutée, Sc queles Espagnols ne paísoient point. Plusl'on alloit avant , plus ces craintes aug-mentèrent. Le Sindic Btondel raporta auConseil le 10. Septembre , qu’il y avoitun Corps très considérable de Troupes àla Val d’Aoste , outre lesquelles trois àquatre mille hommes dévoient venir eaSavoye,
Le