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On en avoir sait à la vérité quelques plaintes au Sieur 1602»d'Albigny , Lieutenant Général deça les Monts. Son nompropre étoit de Gordes, fils de celui qui avoir été Gouver-neur
Le 9. Octobre, on reçût une Lettre duSeigneur de Lesdiguieres , qui portoit queles Troupes qui croient deçà les Monts,dévoient y pallier l’Hyver, Sc qu’elles a-voient ordre de chercher á s’eniparer deGeneve, ou par surprise pendant l’Hy-ver, ou de vive force au retour du Prin-terns.
On fit attention à tous ces avis r Onprit de plus grandes précautions pourla garde de la Ville, qu on n’en avoirpris auparavant: On la fit faire par tou-tes les Compagnies Bourgeoises : On tintpendant long-tems la Porte de Rive , Scla Porte Neuve fermées alternativement.O11 donna avis aux Baillifs voisins , Scaux Seigneurs de Berne leurs Supérieurs,des bruits qui couraient, Sc des Trou-pes qui étoient dans le voisinage : Onfit venir dans Geneve un Capitaine deréputation, pour commander en cas d’af-faire ; Ce fut un Gentilhomme de Dau-phiné nommé De VilUrds , qui demeuradans cette Ville , pendant tout l’Eté.On répara divers endroits deffectueux desFortifications : Enfin , on se munit dumieux qu’on put , pour n’être pas pristout-à-fait au dépourvu , en cas d’atta-que.
Les avis furent plus frequens Sc plusprécis pendant le mois de Novembre.Peu de rems après que De VilUrds eutquitté Geneve , il écrivit que le bruitcouroit plus fort que jamais , que leDuc alloit exécuter ses entreprises. Onaprit de Paris, de bon lieu ; Que les Sa-voyards se disposoient à attaquer Gene-ve par divers endroits en même tems,savoir du côté de St. Gervais , de celuidu Lac du côté du Rhône, Sc du côtéde Rive, que l’effort se devoir faire avechuit ou dix mille hommes, qui se servi-roient d’Echelles, de Ponts , Sc de Ma-chines de Guerre , qu’ils avoient prépa-rées pour cela , lesquelles celui-là mêmequi écrivoit, avoir vû essayer à Turin.Que le Duc lui avoir dit , qu’il auteur
du monde pour donner, en même tem«,en differens endroits , les uns devant íèsaisir de la Maison de Ville Sc de l’Arse-na! , pendant que les autres meuroientle feu en divers lieux , pour amuser lesHabitans. Celui qui donna cet avis, futle même qui avoir découvert au Roi deFrance la Conspiration de Eiron. 11 nese passoit presque pas de jour , fur lafin du même mois de Novembre , quol’on n’entendit dire , qu’on alloit voiréclorre , au plutôt , les desseins ditDuc de Savoye, Sc que les Troupes dece Prince s’avançoient. On écrivit auxSeigneurs de Berne fur ce qui se passoit,
Sc on les pria de tenir un secours detrois à quatre cens hommes prêt , furquoi ils donnèrent à leurs Baillifs duPaïs-de-Vaud , les ordres nécessaires.
C’est dans ces circonstances , que lesSavoyards sentant qu’on devoir être enquelque alarme dans Geneve, voulurenten ctre éclaircis, Sc c’est alors que Ro~chette , Président au Sénat de Chamberi,vint dans cette Ville. Guickenon dit,que pour dissiper les craintes Sc les dé-fiances des Genevois , le Duc l’y envoya,fous prétexte de leur faire quelques pro-positions fur le rétablissement du Commer-ce *. II paroit par les Regîtres , que * Guiche-quand on sçut l’arrivée de ce Président non, Hiji.à Geneve , Lefl , Maillet Sc Favre , allé- de Savoy t,rent le. saluer en son Logis de la part Tom. 1.du Conseil , Sc après lui avoir fait les p. 787 .complimens de la République , ils luiportèrent des plaintes, fur les vexationsque les Officiers de son Maître exerçoienttous les jours contre les particuliers deGeneve, lesquelles il éroit impossible àceux de cette Ville, d’endurer plus long-tems. 11s lui dirent, qu’encore que leSr. à’Albigni eut avoué qu’ils étoientcompris dans la Paix , cependant il enavoit usé avec eux en ennemi : Que pen-dant tout l’Eté, la Savoye avoit été cou-verte de Troupes , Sc quelle l’étoit en-<Ore : Qu’on avoit défendu lc Commer-ce: