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Tome premier.
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_ 424 H i s r o ì k i d e G e n r r r.

1 602. neur de Dauphine; mais ce fils avoir quitté le service du Roi,pour celui de Ion Alteslc. II fit réponse par deux diversesfois aux Envoyez de Geneve, que l’intention de son Maître

&

ce des Vivres, ce qui étoit une nouveau-té insuportable, qui tendoit à troublerla tranquillité publique, & contraire auxdroits que la Ville avoit aquis des Pré-décesseurs de Son Altelíè : Que les Jour-nées & les Conférences , dont on avoittenu un si grand nombre, n'avoient étcd’attcun usage, Sc qu’enfin , il paroiíloitclairement, après tout ce q tri s’étoit pas-sé, qii'il n’y avoit plus d’csperance depouvoir jamais gagner les bonnes grâcesde ce Prince. Rcchette répondit ; «Que«le Duc s’étoit vú obligé de mettre fur«pied , les Troupes qui avoient causé de«l’ombrage, pour être en garde contre«les desseins du Roi de France, qui lui«avoit domié un juste sujet de défiance,«en faisant avancer, comme ii avoit fait,«sort près de la Savoye, le Maréchal de» l.avardin avec des forces considérables;«mais que les Troupes qui faifoient de„la peine à la Seigneurie fe retireroient«bien-tôt, & qu elles croient destinéess ,pour un tout autre côté. Qu’au reste,„la défense des graines étoit une affaire«de Police, ce que les Etrangers n’avoient^pas matière de trouver mauvais ; puis«qu’un Prince étoit maitre de faire chez«lui , ce qu’il trouvoit à propos pour„le bien de fes Peuples.» 11 n’étoit pasvrai , que les Troupes dont on fe plai-gnoit , fussent venues en Savoye, depuisque le Maréchal de Lavardin s’étoit a-vancé dans le Bugey, puis-qu’elles y é-toient long-tems auparavant, & que leRoi n avoit ordonné à ce Maréchal d’yvenir, que fur l’avis qu’il avoit eu quel’Armée Espagnole & Piemontoife étoiten Savoye. C’est aussi ce que Letl,Maillet & Favre fçurent bien lui faireremarquer. Comme il n’ignoroit pasqu’on avoit à coeur dans Geneve , defaire quelque Mode de vivre avec SonAltesse, il affecta fort de leur dire qu’ilaimoit extrêmement la tranquillité pu-blique , qu’il fonhaiteroit que l’on pûtaccommoder les choses ; que si on le

croyois propre à y contribuer, il s’y cm-ployeroit volontiers , & qu’il ofoit dire,que son Ministère pourroit être de quel-que usage, puis-qu’il avoit un peu l’o-reille de son Prince.

Le Conseil ayant été informé de cequ’on vient de dire, fur fort content desdiscours & des maniérés du Président Ra-ckette. II vit avec plaisir les efpecesd’ouvertttres qu’il avoit faites, pour con-duite un Mode de vivre, dont les Sa-voyards n’avoient pas jufqtt’alors vou-lu entendre parler. Les mêmes qui a-voient conféré avec lui , furent chargezde le faire encore , & de lui dire ;Que les Seigneurs de Geneve le remer-cioient de fa bonne volonté, & qtt’ils leprioient de faire quelque projet de Trai-té qui leur fut honorable , & qui futd’une nature, que fans porter de préju-dice à l’état présent de la République,& aux Traitez quelle avoit, soit avecle Roi, soit avec les Seigneurs des Li-gues , ils pussent jouir de quelque tran-quillité , Sc vivre en bonne intelligenceavec les Officiers de Son Altesse. Ra-cbette répondit avec beaucoup d’honnête-té , à ce qui lui fut dit de la part duConseil, mais fans s'engager à rien. 11dit , «qu’il n’avoit aucun ordre de pro-«pofer quoi-que ce soit, & que les Sei-gneurs de Geneve pourroient mettre«eux mêmes fur le tapis, ce qu’ils trou-«veroient à propos. Que cependant, il«confcreroit là dessus avec le Sieur d ’At-a íi?ni , qu’il râcheroir d’ébaucher quelque«chose avec lui à ce ftp et, après quoi«il ne manqueroit pas de faire savoir de«ses nouvelles. Qu’ati reste , il ne pro-«mertoit pas de faire retirer si promrement«les Troupes qui pouvoient être en Sa-«voye ; parce que non seulement la cho-«se n’étoit pas en son pouvoir, mais que«même le Duc n’en étoit pas maitre, cet-,«te affaire dépendant presque uniquement«du Roi d’Espagne, à qui la plus gran-»dc partie de ces Troupes apartenoit.

Ces