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Tome premier.
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447
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Livre III. 447

doient sort les Sujets du Duc, & tenoient continuellement 1603.Chambcry en haleine, courant jusqu a ses Portes, & mêmefans la mort d’un Gentilhomme de valeur, nommé Monsieurde Neíle, Chambery couroit le même péril que Saint Genis.

Le Roi donna ordre à De Vie, son Ambassadeur en Suisse,qu’en s’en revenant il passât par Geneve, pour assurer les Bour-geois, qu’il n’étoit pas de ceux qui n’aiment les amis, quelors qu’ijs en tirent du prosit, & qu’il ne manqueroit jamaisà leur défense & à leur protection: mais qu’il désiroit savoirdeux les moyens qu’ils pourroient avoir de faire une Guerreoffensive, asin que le Secours qu’il leur donneroit fut employéutilement. Ils reçurent le Sieur De Vie avec beaucoup d’hon-neur, & entendirent fa Proposition génerale & fes remontrancesparticulières, qui alloient plutôt à les exhorter â une longuepaix, qu'H une courte Guerre. On le pria de le proposerdans le Conseil, parce qu’il y en avoir qui jugeoient que laguerre ne seroit pas moins utile à l’avancement de la Républi-que, ni moins heureuse quelle l’avoit été du tems du DucCharles; que tous les intéressez à leur conservation les assis-teroient : que les gens de coeur qui sont passionnez pourla guerre, viendroient offrir leurs vies & leurs épées. DeVie , au contraire, leur fit comprendre par la vérité & le-loquence de son Discours, que la Paix leur étoit si néces-saire, & la Guerre si pernicieuse, qu’ils avoient sujet d’em-brasser l’une, & de fuir l’autre ; qu’encore que les prétextesde la guerre soient spécieux & les moyens faciles, les effetsn’en étoient pas moins terribles, & le succès moins incertain.

Que la* guerre au dehors étoit utile & se devoir entrepren-dre, quand on n’en pouvoir autrement étouffer les semences,mais qu’un Etat bien policé, qui s’étoit toujours bien trouvé

voir à fa Solde qui étoit aflez considé-rable : Elle coûtoit à la République mil-le Ecus par mois d’entretien. De Viliartétant Commandant dans St. Genis. oneut besoin à Geneve d’un autre Chef,

Bout eue à la tête des Troupes. On

apella le Baron de Conforgìen, qui avoirété employé si utilement dans ía précé-dente Guerre : Il servit avec les mêmesAppointemens qu’on avoit assignez au 1Sr, De Viltars.

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