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Tome premier.
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_ 448 Histoire de Geneve.

1603. 6e la paix, ne devoit point rechercher ces orages, ni se plai-re au choc des Armes avec ses voisins. Enfin, il les persua-da si bien qu’ils panchérent tous à la paix, pourvu qu ellefût honorable, utile & si bien cimentée quelle arrachât tou-Mai. tes les racines de la Guerre. Les Trêves c en furent les avan-coureurs, & cette Paix si nécesiaire se négocia quelque tems,& faillit à íe rompre , les Genevois n’y voulant consentir

. qu’aux

c La disgrâce que les Troupes du Ducde Savoye essuyèrent à la journée de l’Es-calade , & la bonne contenance que lesGenevois , affiliez des Troupes de leursAlliez , tinrent depuis > firent comprendreà ce Prince qu'il lui convenoit d’étouferau plútót la Guerre qu'il avoir commen-cée ; aussi les premieres ouvertures dePaix vinrent-elles de fa part. Dès le 10.Fevrier, Rochette, Neveu du Président dece nom , écrivit à un Magistrat de Ge-nève , qu’il avoir ordre de traiter d'unMode de Vivre, Sc que si l’on vouloirl’entendre sur ce qu'il avoir à dire à cesujet, il se seroit avouer par le Duc : Aquoi ce Magistrat répondit, par ordre duConseil , que quand Son Altesse de Sa-voye donneroit des Pouvoirs suffisans àquelqu’un de fa part, pour faire quel-que bon Traité , il ctoit persuadé queses Supérieurs écouteroient avec plaisir,les Propositions raisonnables qu’on pour.roit leur faire.

Deux jours après, Rochette ayant pro-duit au même Magistrat, dans un lieuoù il rechercha de lui parler, ses Instruc-tions signées par d ' Atbigni , pour inviterceux que le Conseil de Geneve trouve-roit à propos de nommer , à aller à laRoche conférer avec lui , on répondit,que toutes les Conférences qu’on pour-roit proposer, seroient inutiles, à moinsqu’il ne parut de quelque ordre de SonAltestè, les Seigneurs de Geneve ne pou-vant fe fier au Sr. d ’Mbignt, lequel leuravoit avoué par ses Lettres, qu’ils croientcompris dans la Paix de Vervins, 5 c ce-pendant il y avoit contrevenu.

Quelques jours après, des Commissai-res de Geneve s'étant trouvez en un lieulimitrophe , pour parler de 1cchange dç

quelques prisonniers, avec les Officiersde Savoye, le Sr. Pobel Baron de Pierre,l’un d’eux , leur remit un Pouvoir signépar le Duc lui même, fur le pied du-quel les Seigneurs de Geneve refusèrentabsolument de conférer, parce qu’il par-loir de traiter un Accommodement amia-ble, sur les difficultez que ce Prince avoitavec eux , a u sujet de s<^ prétentions.Le 9. Mars suivant, Rochette ajrorta unautre Pouvoir, lequel fut agréé par lePetit & par le Grand Conseil. Ce Pou-voir portoit, “que Son Aitesle de Savoye«désirant de préférer la tranquillité pu-blique à toute autre considération, &«étant vraisemblable, que si ce Prince«venoit à consentir à un Traité d’accom-«modement avec la Ville de Geneve, elle«y donneroit volontiers les mains, il«avoit nommé tel & tel pour traiter a-«vec cette Ville, d’une Paix ou d’un«Mode de Vivre.» On résolut d’enten-dre ce que les Ministres de Savoye vou-droient proposer. On Pomma pour ceteffet trois Conseillers du Petit Conseil,qui surent Dominique Qhabrty, JaquesLest Sc Jacob Anjorrant, Sc autant duGrand Conseil, savoir Jean De ta Rive »Jean De Normandie , & Jaques T& ta Mai-Jonneuve. On informa par Lettres leRoi de France de cette affaire , Sc Dau-phin fut envoyé en Suisse avec DanielRofet , pour en donner avis aux CantonsAlliez.

On convint du lieu de St. Julien pourles Conférences. La premiere fe tint leaï Mars. Les Députez de Geneve ytrouvèrent le Président Rochette, Sc le Sr.Pobel. Après que les Commissaires sesurent montré leurs Pouvoirs respectifs,ceux de Savoye ayant dit, qu’ils croyoient