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Tome premier.
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faisant encore le mauvais, voulut presser sa justification: mais 1604.ses Parties maintinrent si bien leur accusation, qu’il sut con-damné à deux mille autres Ecus d’or, & dégradé du Con-seil des vingt-cinq S. L’argent lui étoit peu de chose, s''étantenrichi en peu dannées de quarante mille Ecus, fans qu’onsçût comment: mais il ne pouvoit souffrir la dégradation. IIrésolut donc de perdre plutôt fa tête, que de ne pas se justi-fier. On sit tant de procédures, qu’à la fin on vérifia qu’il.avoit eu la Seigt^urie de Compois fans payer les Lods, dont

M m m 2 Son

rverneur dc Savoye , 8c craignant que sion pouvoit parler à cet homme, on nedécouvrit des choses qui pourroient luifaire perdre la vie, fit ce qu’il pût, parle ministère de ses amis , pour le détour-ner de venir à Geneve. Ce Païsan , aureste, n'étoit pas de Chesne, comme ledit M. Spon , mais du Chable , Villagede Savoye , 8c s’apelloit Guìchard Bois-mond : II avoit dit à un autre Païsan, àquel ulage on s'étoit servi de lui, 8c cedernier avoit été entendu avec plusieursautres témoins, contre le prisonnier. LeConseil fit ce qu’il pût , pour engagerBoìjmond même à venir à Genev», afinde convaincre Pkilibert Blondel, mais ce-lui-ci fit ensorte, par ses menaces , quìlne voulut point hazarder la chose. Ce-pendant, les soupçons qu’on avoit, que larépugnance de Boìjmond à venir, ne pro-cédât des menaces que Blondel lui avoitfait faire/faisoient un très mauvais effetcontre celui-ci , de quoi s’élant aperçuil changea de résolution. II fit publier,qu’il seroit venir Boìsmond pour confon-dre ses Calomniateurs, mais c’étoit àdessein de le faire périr, avant qu’il pûtdéclarer la vérité, étant persuadé, qu’a-près cela on ne le soupçonnèrent pointde fa mort ; mais que les soupçons tom-beroient uniquement fur ses ennemis, sa-voir sur La l'ombe , Gmdonnei , 8c autresqui croient ses accusateurs. Pour cet ef-fet , ses Parens 8c ses amis employèrentle Juge-Mage de St. Julien , qui fous unfaux prétexte de désobéistance, fit enle-> ver Boìsmond au Chable , 8c le conduire« St. Julien , 8c le lendemain au matin,

il le fit traduire à Chesne, d’où les Pa-rens de Blondel l’amenérent à Geneve, le1 6. Août 1606 , 8c le firent mettre enprison dans un Cachot, il n’y demeuraque la nuit suivante, ayant été trouvele lendemain à cinq heures du matin,étranglé avec ses jarretières.

Le Conseil averti de ce qui étoit arri-vé, fit les procédures dont parle M. Spon,8c contre le Portier des prisons , qui s’a-pelloit Pierre Gardes > 8c contre Blondel.II paroit par les Regîtres , que celui-ciavoua d’avoir, peu de tems après l’Esca-lade, à la suggestion du Sr. de SotenouxGentilhomme Savoyard , écrit une Lettreau Sr. d ' Albìgni , par laquelle il lui sai-sir! t des offres de services, 8c promettoitde lui donner avis des préparatifs qu’onfaisoit alors dans Geneve, pour la Guer-re. Gardet fut condamné à être roué.Blondel fut condamné à la même peine ;fa Sentence portoit de plus ,' que sonCorps seroit ensuite écartelé, 8c les quar-tiers pendus en quatre differens lieux deslimites , fa tête mise fur les crenaux dela Place du Molard , 8c tous ses biensconfisquez. Ces Sentences furent exécu-tées le "premier Septembre 1606.

í II semble par la maniéré dont M.Spon parle ici , qu’il y eut cette annéelà deux Jugemens contre Blondel, dontcelui de la dégradation fut le second, 8ccependant il est certain, par ce qui a étédit dans la Note ci-de va n t , qu’il n’y eneut en satinée i6oz. , qu’un , qui fut ren-du le 4. Novembre , auquel ce que cetAuteur a dit jusques ici , a raport.