_ 458 Histoire de Geneve.
1604. plice de sa perfidie, ayant eu querelle avec lui, ne pût souf-frir son orgueil, & l’appella Traître, devant quelques témoins.Blondel prenant l’injure à cœur, fait instance au Conseil, ob-tient Temprisonnement de ses Parties, entre lesquels étoit LaCombe, qui souffrit beaucoup avant que le pouvoir convain-cre : mais à la fin, il vérifia tant de choses contre Blondel,que pour réparation de fa négligence, & apparence de tra-hison , il fut condamné à deux mille Ecus d’or d’amende,pour le payement desquels on lui saisit ses Moulins. Lui,,
faisant
deux des Sindics de l’année 1602. dctrecause, parleur négligence, de l'Escaladc,& il requit que leurs parens ne jugeassentpas de son affaire. Alors on lui accor-da fa demande, & on fixa le 12. d'Août,pour creuser cette matière. Le Procu-reur-General devant intervenir dans uneaffaire de cette importance, on substituaà Joseph Blondel, qui exerçoit alors cet-te Charge, David l'Archevêque.
Pendant ce tems-là, Philibert Blondelprit querelle avec un Sindic » sous la Hâ-le de la Maison de Ville, lequel il char-gea d'injures. Ce Sindic Payant appelleen Conseil pour en répondre , Blondelredoubla ses invectives, jufqu’à lui dire,qu’il auroit aussi son tour, mais que laPrune n’étoit pas meure. Ami La Com-be, son ancien ennemi, qui avoit été pré-sent à la première querelle , & qui s’yetoit mêlé, prit occasion de là , de fai-re partie criminelle à Blondel, & là.des-sus le Conseil ordonna qu’ils entretoienttous les deux en prison.
Le Substitut du Procureur Général ayantexaminé les faits justificatifs de Blondel,avec la Procedure , & les Informationsprises contre lui, conclut que comme ilen refultoit, qu’il étoit suspect, non seu-lement de négligence , mais encore demalice , il devoit être de plus fort res-serré, & répondre pede ligato, sur tousles articles dont il étoit accusé. L’affai-re principale devenant ainsi très sérieuse,on renvoya le jugement du Procès par-ticulier d’injure de Blondel avec le Sin-dic : 11 fut retenu dans les prisons , Sctous les jours resserré davantage.
La Procedure continua de s'instruire :Elle fut fort longue, puis-quelle durapendant plus de trois mois. On lui don-na plusieurs fois la Question, fans qu’onpût tirer de lui aucun aveu, Sc enfin leConseil des Deux Cent prononça contrelui le Jugement suivant, le 29.’ de No-vembre.
Nos très honorex. Seigneurs du Vêtit drdu Grand Conseil, ayant vû le Procès cri-minel formé pardevant eux , contre Phili-bert Blondel, Citoyen de Geneve, par le-quel nonobstant ses négatives dr défenses,leur confie dr appert suffisamment, iceluiavoir méprisé les avis à lui donntx. parpersonnes qualifiées, de la malheureuse en-treprise exécutée contre cet Etat & Eglise,en lìecembre 1602., & n auroit pourvu a.la Garde de la Ville , selon le devoir de saCharge , dr depuis auroit tenu divers pro-pos dr procédures séditieuses : A ces Cau-ses, dr autres dépendantes de fondit Pro-cès , ont condamné dr condamnent leditBlondel , outre la condamnation portée parleur précédent Arrêt du 8. Novembre 1 603,à tenir prison serrée par l y espace de dix.ans , dr à payer l’amende de deux milleEcus , aplicables à nôtre Fiji, avec tousdépens de cette Procedure. .
C’est ainsi que Blondel , pour avoirvoulu réveiller son affaire qui étoit com-me assoupie, agrava de beaucoup sa pei-ne. Ceux qu’il avoit accusez, obtinrenttous ensuite du Conseil des Deux Cent,Sentence d’absolution.
Cependant Blondel, inquiet de ce qu’onavoit rapporté qu’un Païsaii fui portoitsouvent des Lettres de la part du Go ri-ver.