Livre 111. 463
Le Roi de France dépêcha en ce tems Iâ le Baron de Luz,Gouverneur de Bourgogne, de Boisse, Gouverneur de Bourg,& le Sieur de Nerestan, pour demander à Geneve une Pla-ce , où il pur faire bâtir un Arsenal, asin que les Bourgeoisne fussent pas à l’avenir dans un danger semblable à celuiqu’ils avoient couru. Le Conseil étoit partagé. Les uns di-»soient que Dieu leur faisoit beaucoup de grâce de leur pro-curer un secours étranger de cette importance, & q u'en î’ac-
ceptant, on coupoit racine àleur pouvoir faire. Les autricelui qui reçoit tel secours fe
avancé auqirel il étoit parvenu, ne luipermit pas de continuer ses Prédications& ses Leçons de Théologie, les dernieresannées de fa vie, il ne laissa pas de mon-ter en Chaire jusqu’á la fin , dans desoccasions importantes , comme pour fai-re des exhortations dans les Conseils furles Elections aux principales Charges del’Etat : Et lors-que ses incommodités nelui permettoient pas de se rencontrer dansla Compagnie, les Ministres ses Collè-gues venoient le consulter chez lui. Per-sonne n'ignore qu’il fut pendant tout lecours de fa vie, une des plus grandes lu-mières , & le plus ferme apui de la Re-ligion Protestante. Le lendemain de sonenterrement, les Ministres ses Collèguesse présentèrent en Corps en Conseil ,pour pleurer avec le Magistrat la pertede ce grand homme, & dirent, que com-me il avoit été pendant sa vie, un belexemple d’union & de bonne correspon-dance avec les Conducteurs de la Répu-blique, & très affectionné au bien deI’Etat, ils suivroient de leur mieux un sidigne modelle. Le même jour, GaspardLaurent , Professeur aux Belles Lettres,prononça publiquement son Oraison fu-nèbre en Latin, dans l’Auditoire de Théo-logie. De Bei1e étoit de Vezelai en Bour-gogne : Son Pere étoit Baillis de cetteVille - là, Sc d'une famille Noble & trèsancienne , il s’apelloit Pierre Dt Bex.e.
Le Conseil n'avoir accordé à la Com-P^gnie des Ministres en jj 80. » que la-
toutes les insultes que l’ennemis oppofoient au contraire,- quevend & s’engage fans ressour-ce :
Présidence dans son Corps fut commu-ne & hebdomadaire, que pendant le bonplaisir de la Seigneurie. Comme le Ma-gistrat ne s’étoit porté à cet établissementque par complaisance , il trouva à pro-pos , après la mort de De Bex.e , de re-mettre les choses fur l’ancien pic, c'est-à-dire, que la Compagnie choisit au com-mencement de chaque année, un de sesmembres , pour y présider pendant lecours de Tannée. Les Ministres s’y opo-sérent très vivement, mais malgré leursremontrances , le Conseil persista dansfa résolution. Ils élurent Antoine de laBaye , pour exercer cette Chatge pendantTannée 1606. Son élection étant portéeen Conseil, y sut aprouvée. Cet ordrede la Présidence annuelle, fous Tapro-bation du Magistrat, fut continué jus-qu’à la fin de Tannée 1612., que SimonGoulart , l’un des plus anciens Pasteurs ,qui Texerçoit alors , n’ayant pas voulucontinuer dans cet Emploi, les Ministress’étant pourvus de nouveau au Conseil,afin qu’il voulut bien permettre que laPrésidence par semaine fut rétablie par-mi eux, leur demande leur fut accordée,.à condition que Goulart continuèroit d’c-tre chargé d’écrire les Lettres de la Com-pagnie, Sc de faire les Exhortations dansles Conseils, au sujet des Elections. Cet-te maniéré de présider parmi les Minis-tres, Sc au Consistoire , a continué dèslors constammeat , jusques à présent.
» Ce
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