_464 Histoire de Geneve.
Ióo 6 > ce: qu’on donneroit peut-être la garde de cet Arsenal à telGentil-homme, qui, par ses liberalitez & ses maniérés en-gageantes, gagneroit le cœur des Citoyens, & les éblouïroitdu brillant de la Royauté : que tous les Rois de France n'au-roient peut-être pas les intentions si droites que Henri IV.,& qu’alors, il ne seroit plus tems de se repentir. De sorteque, sur cette contrariété d’avis, le Conseil ordinaire en remitla délibération à celui des Deux Cent, & celui-ci au Général.Ces Seigneurs François interprétant ces procédures , pourune honnête défaite, s’en allèrent, & depuis il ne s’en parlaplus m .
Le premier jour de Tannée qui suivit, on jetta les fonde-mens d’un Boulevard vers le Lac, pour mieux flanquer &défendre la Porte de Rive, & il fut achevé au mois d’Octo-1607. bre de Tannée suivante”. On y mit une Inscription gravée
sur
m Ce qui est dit ici, sur l’Arsenal quele Roi de France vouloir e'tablir dansGeneve , n'est pas raporté avec exactitu-de. Ce qui paroit par les Regîtres furcette astaire, qui arriva , non pas en 1606.mais en 1607., c'est que le Sr. De Cba-feaurouge , qui étoit à la Cour de Fran-ce , ayant prie Sa Majesté , fur les bruitsqui couroient de toutes parts, d une en-treprile qui fe préparoit contre Geneve.d’accorder à cette Ville, quelque loin meconsidérable d’argent, pour fournir à ladépense néceflaire , pour s’en garentir,le Roi lui répondit , qu’il fe propolokd’y avoir un Magazin; qu’en effet, il fitpromptement partir pour Geneve, le Sr.de BoyjJ'e, avec ordre d’offrir aux Sei-gneurs de cette Ville, dans la circons-tance où elle étoit detre attaquée parles Troupes d’Efpagne , comme le bruiten étoit fort répandu , ce qui pourroitcontribuer à fa conservation, & en par-ticulier, d’y établir un Magazin de mu-nitions de guerre & de bouche , afin deservir a cette Ville , en cas de nécestìté,sinon de le conserver pour le Service deSa Majesté, si Elle en avoit besoin ail-leurs ; avec offre d’un promt secours deTroupes. Que le Sr, de Boysfe étant ar-
rivé à Geneve, & s’y étant acquité deses ordres le 18. Avril, le Petit Conseiloù il eut Audience , le remercia fort dela bonne volonté du Roi, fans rien re-fondre fur fa Proposition, dont l’examenayant été renvoyé au Conseil des Soi-xante , il y fut résolu , après une lon-gue délibération, d’accepter les offres duRoi ; ce qui n’eut cependant aucuneexécution , Sc ne fut jamais porté à laconnoislance, ni du Conseil des DeuxCent, ni du Conseil Général.
» Pendant toute satinée 1606., l’onavoir eu des avis fort frequens, que lesSavoyards méditoient de nouveau , quel-que grand coup contre Geneve. Le Roide France lui même en avoit donné plu-sieurs , & il avoit envoyé un Exprès encette Ville , au mois de Juillet , pourdire qu’on fe tint fur ses gardes, & qu’onréparât ce qu’il pouvoir y avoir de dé-fectueux aux Fortifications. Cependantla Providence détourna heureusement fo-rage , dont on étoit menacé. La Gar-nison établie depuis l’Efcalade, compo-sée de neuf Compagnies , de vingt - huitHommes chacune, faisoit ses fonctionsavec beaucoup de régularité, Sc l’on tra-vailloit á tonifier les mauvais endroits