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Cavaliers , accourez aux tristes funéraillesDe ce grand D u Terrais de qui t injuste fort ,
Apres t avoir sauvé de cent & cent Batailles ,
Dans une pleine paix l'a conduit à la mort. í
Quelques-uns blâmèrent les Magistrats de Geneve d’unctrop grande sévérité ; mais ils difoient, qu’ils ne les avoientpoint tant considérez comme ennemis, que comme Auteursd’une conspiration en pleine Paix. Monsieur de Lesdiguieres,qui avoit intercédé pour lui, & les Parens de du Terrail,furent extrêmement indignez de cette exécution c . Le pre-mier n’entra jamais depuis dans Geneve, comme il avoit ac-coutumé , & les Parens croyoient qu’on l’avoit obligé d’ab-jurer fa Religion, mais étant informez du contraire, ils feconsolèrent. Ce dessein paroissoit très-aifcj ils avoient résolu
de
s 11 semble d’abord par la maniérédont M. Spon parle ici, que les Epita-phes fur la mort de Du Terrail , qu’il ra-porte , furent en quelque maniéré les ex-pressions des sentimens du Peuple deGeneve fur son lujet Mais:: il est certainSc on le voit par le second Quatrain,écrit dans la Chapelle , que ces Versfurent faits hors -de Geneve, par des Pa-rens ou des Amis du deffunt. Cepen-dant , il ne fut pas enterré chez lui ;Ses Parens vinrent bien à Geneve aprèsía mort , demander son Corps ; maiscomme il avoit déja été mis en terre,on le leur refusa. La Chapelle dontparle M. Spon, Sc où l’on fit un servi-ce pour Du Terrail, étoit aparemment,ou en France, ou en Savoye.
' Mr. de Lesdiguieres écrivit d’abord ,par un Exprès , en faveur de Du Terrail.Comme on lui répondit , qu’on auroittoujours beaucoup d’égards pour ses re-commandations , mais qu’on ne pouvoiren cette occasion , que faire justice , ceSeigneur sentant ce que cela vouloir di-re , envoya austi-tôt après à Geneve, leSr. Tonnard son Secretaúe, avcc ordre
de représenter aux Seigneurs de cette Vil-le , que quand le Sr. Du Terrail seroitcoupable du fait dont on l’accusoit .comme il n’avoit aucun devoir enverseux, on ne le pouvoir accuser de félo-nie , ni d’ingratitude. Qu êtant né Gen-tilhomme Sc sujet du Rot, on devoir entout cas attendre de savoir la volonté~de Sa Majesté, sur ce.qui le regardoit îQue le Sr. Du Terrail avoit été arrêtécontre le bénéfice de la Paix , Sc la li-berté qu’elle donne à tous les pastàns ;Sc qu’il étoit à craindre que les Princes,qui seroient offensez de fa détention,n’usasiènt de représailles , contre les Mar-chands de Suiflè Sc de Geneve, qui setrotlveroient dans le Milanois ou en Bour-gogne , dequoi le bruit courcit déja.Que Mr. de Lesdiguieres se fiatoit auífi,que le prévenu étant son Allié commeil l’étoit, cette qualité lui serviroit; en-fin » qu’il seroit paffer Du Terrail au ser-vice du Roi, en cas que les Seigneursde Geneve voulussent, à fa considération,lui faire grâce , dequoi il les prioit trèsaffectueusement. Mais que si cette priè-re n’aYoit aucune fuite, il auroit grand
sujet