Livre III. çy\
voyât quelqu’un pour le reconnoître. Deux soldats, dont i zoy.-l'un avoir été de sa Compagnie, surenr dépêchez à Yverdon,
& on fit entrer celui-ci dans fa chambte, comme il soupoit.
Le Soldat le reconnut : Du Terrrail qui se doutoit bien pour-quoi il étoit là, le tire à part, lui promettant i ooo. Ecusd’or , s'il veut aller avertir lc Comte de la Chamite en Franche-Gomté du danger où il étoit , la Bastide lui en présentéIOO. autres, mais le Soldat refusa toutes leurs offres.
Du Terrail étant ainsi reconnu fut mis prisonnier dans leChâteau d’Yverdon. Ceux de Geneve députèrent un de leursSyndics à Berne pour les demander. Us leur surent accor-dez, & on les mena tous deux à Geneve. La Bastide misà la question le premier, avoua tout le projet. Après faconfession, on le confronta à du Terrail, qui , du com-mencement le nia fortement, mais voyant que la Bastide luisoutenoit sa confession, & étant menacé lui - même de laquestion , la larme â l’œil, il confessa tout. II demandaqu’on le mit entre quatre murailles, espérant que ses Parensviendroient intercéder pour lui, comme en esset, ayant sçûsa prise , ils se mirent bien - tôt en chemin : mais pour desraisons d’Etat, le Conseil vuida promptement le Procès, &lui fit trancher la tête au Molard. Deux jours après la Bas- 19. Avril,tide sut pendu. Du Terrail fut regretté, car c’étoit un hom-me de bonne mine , & fort civil. Allant au supplice, ildemandoit pardon au Peuple, & le Peuple en échange, fon-doit en larmes pour lui. On lui fit même plusieurs Vers,,en maniéré d’Epitaphe, & entr’autres ce Quatrain :
Tel fut de Du Terrail Iinjujle & triste p>rt ,
Toujours victorieux , mais vaincu far C envie ,
Sa vie lui devoit une f lus belle mort rMais fa mort lui promet une plus belle vie »-
Le Quatrain suivant étoit écrit dans la Chapelle, le jourde fa pompe funebre-
Gava-