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Tome premier.
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L I v r e I I 1. 4S7 _

reçues du Synode d’Alez, que comme ils étoient conformes 1623.aux Eglises de France dans les choses essentielles, ils le voû-taient être aussi dans les indifférentes, & communieroient dé-formais avec pain levé, comme on avoit déja commence auxterres des Bernois, ajoutant qu’on ne feroit plus distribuer lacoupe par les Anciens, comme on le pratiquoit, mais parles Pasteurs mêmes, comme dans les Eglises de France. Tron-chin ayant charge du Conseil & du Consistoire, avertit lePeuple un Dimanche au Prêche du soir, de cette innovation& changement, qui sc faisoit à la premiere Cene de Sep-tembre , exposant les motifs que le Consistoire en avoit, &remontrant que c etoit une chose indifférente.

Quelques petits démêlez pensèrent troubler la douceur de 1624.la paix. Quoi qu’il fût porté par le Traité de S. Julien quele commerce feroit libre, le Duc avoit fait de rigoureusesdefenfes d’emmener du. bled ou d’autres denrées à Geneve,

& le Conseil en eschange défendit d’envoyer rien hors de laVille pour la Savoye, ni fer, ni sel , ni d’autres marchandi-ses qu’on avoit coutume d’y porter: mais 'Waak Ambassadeurd’Angleterre pasiànt par Geneve, & y voyant la disette degrains, intercéda pour elle auprès du Duc, & fit lever lesdefenfes.

Le Marquis de Bade Dourlach, Prince Luthérien dépouillé 1625.de fes Etats par un Arrêt de la Cour Impériale, se retira àGeneve avec sa femme & un Pasteur n . Le Conseil lui per-mit

ils firent part du sentiment des Eglisesde France. Sc qui approuvèrent les chan-gemens dont M. Spon parle ici.

n Ce fut au mois d’Octobre 1624.,que le Marquis de Bade-Dourlach vint àGeneve. La cause de sa disgrâce fut d’a-voir tenu le parti de l’Elccteur Palatin ,couronné Roi de Boheme. II logea d’a-bord dans le quartier du Bourg-de-Four,Sc ensuite à St. Gémis , dan s la maisonqu’on apelle de Clebergue au bord duRhône. Au moi s de Mai de l’année1625. des Etrangers commençant à fré-

quenter les Sermons qui se faisoient chezce Prince , cela fit quelque peine Sc auMagistrat & aux Ministres ; ce que ceux-ci lui ayant témoigné par ordre du Con-seil* il leur fit esperer que le Service Di-vin , qui se faisoit dans fa maison, neferoit que pour lui Sc pour ses Domesti-ques: Cependant les Etrangers ayant con-tinué de fréquenter ces exercices de dé-votion, cela ne plût pas au Magistrat,qui fit témoigner au Marquis de Dour-lac, que Je Peuple qui n’étoit pas ac-coutumé au Culte usité parmi les Luthé-riens ,