Livre III. 501_
rîonnê envers leur Ville z . On tient même qu’il proposa au Duc 163,5.de Savoye de faire un échange de la Ville de Nice contre celle
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Mais les autres , qui surent le plusgrand nombre , représentèrent avec véhé-mence , que s’il y avoit des occaíìonsoù un Magistrat Chrétien dût marquer duzèle j c'étoit en celle-ci, où le Blasphè-me condamné par la Loi dc Dieu avoitété porté au plus haut point ; que s’ilétoit obligé de punir avec loin la traní-greslïon à la seconde Table de la Loi,il étoit dans une obligation bien plusétroite, de redoubler son zèle pour main-tenir la première , qui concernoit le ser-vice de Dieu ; qu 'Antoine étoit coupablede parjure , s’étant engagé à la réceptionau St. Ministère , à prêcher Jesus-Christ,pendant qu’il étoit disposé dans le cœurà faire le contraire , qu’il y avoit dudanger à supor-ter plus long-tems un telmonstre, que fa manie ne l’exculòit point,puis - qu’il avoit soutenu ses impietezdans un tems où il avoit l’esprit entie-rement libre; & que cette fureur dont ilavoit été frappé , étoit un juste châti-ment de Dieu ; De sorte qu’il n'y avoitpas lieu à hésiter plus long-tems si l’ondevoit oter te méchant.
Le Magistrat fut* si émû par ces dis-cours , qu’après avoir attendu encorequelques jours, pour voir si Antoine nerenonceroit point à ses erreurs , Sc ayantapris qu’il y persistoit , il le condamnaenfin le 19. Avril, à la peine capitale.Inexécution s’en devant faire le lende-main , les Ministres dont les sentimens ,comme on l’a dit, avoient été fort par-tagez , auroient souhaité que le Magistratla différât, mais ils avoient si sort échau-sé les esprits , par leurs représentationsprécédentes, qu'ils ne le purent pas ob-tenir. Antoine mourut avec constance,ayant persisté jufqu’à la fin dans ses sen-timens.
Sur la fin de cette année soja. Sara -fin Sindic & Godefroi Conseiller furentenvoyez à ViBor Amedée Duc de Savoyeà Turin , pour le complimenter de lapart de la Seigneurie, sur son avenementà la Couronne; II avoit succédé à CW-let Emanhtl, mort en sozo.» on le com-
plimenta en même tems sur la naissancedu Prince de Piémont son Fils. Le Ducleur répondit fort obligeamment ; 11 leurdit qu’il étoit informé de la manière dontMessieurs de Gencve s’étoient conduits àson égard dans les conjonctures pastées,
Sc de l'affectíbn qu’ils lui avoient tou-jours témoignée , qu’ainsi il leur feroitplaisir en toutes occasions, qu’ils avoientpú remarquer auparavant ses bonnes dis-positions à leur égard, mais qu'ils les re-connoitroient bien plus particulièrementdans la situation présente où il étoit,
Sc que pour ce qui regardoit le Princeson Fils, il lui inspirèrent les mêmes sen-timens de bonne volonté envers eux.
Ils surent ensuite admis à l’Audience dela Ducheflè , qui leur répondit d’unemaniéré gracieuse. Ce Prince leur en-voya des rasraichissemens dans leur Lo-gis , Sc les fit défrayer de toute la dé-pense qu’ils avoient faite pendant leurséjour à Turin.
z 11 est vrai que vers la fin de l’année1633., Sc au commencement dc 1654.-,on eut divers avis, que ceux qui avoientdu crédit à la Cour, n’étoient pas favo-rables à la VHle de Gencve. Le PereJoseph , qui étoit si bien vú du Cardi-nal de Richelieu , parla d’une maniérédésagréable à Michel Roset *, qui faisoit * si étaità Paris la fonction d’Agent dc la Repu- site de Mï-blique , soit fur la Religion qu’on y pro- chel Roset,sestoit , soit sur quelques affaires que mort enRoset étoit chargé-de solliciter. 11 cou- 1613.roit même des bruits que le Cardinal deRichelieu pensent à introduire la ReligionCatholique dans Geneve : Mais ces bruitsfurent bien tôt dissipez. Le Sieur VtalarAmbassadeur de France en Suisse, passapar Geneve ,- allant en son Ambassade,a u mois de Mars 1634. , il y fut reçuavec les honneurs accoutumez, Sc don-na au Magistrat des assurances de la bien-veillance de Sa Majesté, laquelle étoitdans l’intention de conserver à la Répu-blique , la Liberté Sc la Paix dont ellejouissoit, ce qu'il disoit contre les fauxbruits que les ennemis de la France a-
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