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Tome premier.
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512
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512 HISTOIRE DE GENEVE.

1651. Lc 6c remonter le Rhône du côté du Lac, jusques-là que lesmoulins de Geneve en tournèrent à rebours. L’Arve est untorrent qui vient des Montagnes de Faucigny, & fe jettedans le Rhône une mousquetade au-dessus de Geneve. Cetorrent roule avec son sable , comme l’ancien Pactole, despaillettes d’or que cette Riviere enleve de quelque Mine oùfans doute elle paflè. II est vrai qu’on en tire aussi, duRhône, mais ce n’est qu’au dessous de lendroit où l’Ar-ve s’y jette. comme à Colonge & ailleurs. Ceux qui s’a-imisent à ce travail ne gagnent qu’un quart d’Ecu par jour.Ce qui a fait dire à quelques-uns que le meilleur or, & legain le plus certain que l’on a du Rhône , c’est celui qui sctire entre le Lac & le Rhône, parce que c’est à l’endroit oùcette Riviere sort du Lac, que les Truites se prennent, quisont un meilleur revenu, que l’or qu’on tire de son sable. Le7. vcc. mois suivant, il y eut un tremblement de 'Ferre sur le soir,qui ne 6 t point de mal . 1

Deux

i Comme 1 *Armée 1651. est la dernie-re de celles auxquelles on a condamné à]a mort dans Geneve des Sorciers , &qu’avant ce tems-là on puniflbit commu-nément ces sortes de gens de la peinecapitale, il n’est pas hors de propos dedire ici un mot, à l’occasion de la der-niere Sorcière qui a été brûlée, soit desCrimes qu’on leur imputoit, soit des Pro-cédures qu’on tenoit contr’eux. Si l’ona eu tort dans Geneve, comme par toutailleurs, de condamner au dàier suppli-ce des gens qu’on auroit nWux fait deregarder comme des efpeces de sols , cet-te Ville aura du moins l’avantage d’avoirété des premieres qui en ait senti l’abus.Une nommée Mlcbée Chuuderen fut con-damnée en 1652. à être pendue , & sonCorps réduit ensuite en cendres , pourcrime de sorcellerie. Les fondemens dece Jugement furent , comme il paroitpar l’abregé de son Procès ; que venantde la campagne deux ans auparavant,1 e Diable lui avoit apparu en forme d’u.Jie ombre qui la baisa, que lui ayant dé-

claré qu’il étoit le Diable, 8c l’ayant'íol-licitée de se donner à lui, sous la pro-messe qu’il lui fit, qu’elle n’auroit jamaisbesoin de rien, elle se donna effective-ment à ce malin esprit , lequel la mar-qua alors à la levre superieure, & sousJe teton droit, où ces deux marques a-voient été trouvées ; que depuis le Dia-ble lui avoit apatu sous deux autres for-mes , ôc qu’enfin ayant reçu de lui dela poudre & une pomme, pour donnerdu mal, c’est-à-dire les Démons, à deuxfilles , ce que le Diable l’avoit fortementsollicitée de faire, elle lui avoit obéi,& ces Filles avoient étc fort tourmen-tées.

On voit par le détail de son Procès ,que Mìchie Chauderon fut accusée par lesParens de ces filles, d’avoir fait entrerles Démons dans leur corps , ce qui lafit réduire dans les prisons. Comme el-le nia d’abord avec beaucoup de ferme-té ce qu’on lui imputoit , on fit deuxchoses pour l’en convaincre. Des Doc-teurs Médecins eurent ordre d’examiner

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