Livre 111 . 529
foassadeur de S. M. à Turin, pria les Députez que pour l’a-mour de son Maître & pour le bien de la paix, ils relâchas-sent à S. A. cette maison de Coursinge, ce qu’ils firent.
Ils ctoient encore à Turin , & les Troupes de Savoye é-toient encore au Pais, lors qu’il arriva une affaire à Genevc,qui la mit à deux doigts de fa perte í ce fut la division entrele Conseil des Vingt-Cinq & le Conseil des Deux Cent. El-le éclata sur tout le Dimanche 7. Decembre. J’en ferois toutle détail, mais comme pour mieux affermir la réconciliation,l'on ordonna que l’on arracheroit des Registres du Conseil toutce qui en avoit été écrit, asin d’abolir la mémoire dunesemblable chose ; il suffira seulement de dire que Jean Sarra-sin Auditeur, ayant présidé au Conseil des Deux Cent en l’ab-sence de Messieurs les Syndics & de tous les Vingt-Cinq, lePetit Conseil l’envoya en prison, & l’y sit garder par uneCompagnie de la Garnison. Le trouble où fut l’Auditeurdans fa prison, par les idées du danger que fa vie couroit,lui sit écrire tout de fuite trois Requêtes, par lesquelles, s’a-voùant comme coupable, il demandoit grâce au Petit Conseil.Les Deux Cent ne pouvant souffrir qu on traitât de criminelcelui qui n’avoit fait aucune faute que d’avoir été leur Chef,résolurent de le délivrer par force, se voyant appuyez de toutle Peuple qui s’étoit assemblé à S. Pierre, où les Deux Centtenoient leur Conseil. Le Petit Conseil ayant la Garnison deson côté, ne pouvoir souffrir qu’on leur sit la Loi. Ensin com-me les coups s’alloient donner, le prisonnier fut relâché , &déclaré innocent dans le Temple de S. Pierre devant le Con-seil General & le calme rétabli. Pour ne pas laistcr mêmeaucun prétexte à de nouvelles aigreurs, on rendit à l’Audi-teur les Requêtes qu’il avoit faites dans fa prison, après avoirouï fa justification.
Une nouvelle disgrâce arriva aux Genevois. La nuit du27. Janvier 1670. le feu se prit aux maisons du Pont duRhône, qui étant toutes de charpente furent consumées la
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1667.