Band 
Tome second.
Seite
297
JPEG-Download
 

Retranchement de César. 2 Y ?Retranchement j operis munit ione & telis repulfi j De sorte qu’ilsabandonnèrent cette entreprise.

Dans cette extrémité, il ne leur restoit plus que le pas dela Cluse j Relinquebatur una per Sequanos 'via , quâ Sequanisinvitis , propter angujlias ire non poterant. Ce passage qui faitune grande difficulté dans l’opinion commune , devient trèsfacile à entendre , si l’on fuit mon explication , comme leLecteur le comprendra facilement, en jettant les yeux fur maCarte. Le pas de la Cluse est un desilé très étroit, que lesSequanois pouvoient aisément défendre avec une poignée demonde, contre une Armée nombreuse. Cependant, quelqueembarrassant qu’il sut, comme les Helvetiens avoient toutruiné & mis en feu dans leur pais, ils persistèrent dans leurdessein, & résolurent d’entrer dans les Gaules, par le pas dela Cluse. II salut, pour cet effet, negocier avec les Sequa-nois. C'est ce que les Helvetiens firent par le moyen deDumnorix leur ami, homme très puissant & très accréditéparmi les Sequanois. Ils obtinrent la permission de passer, àcondition de ne faire aucun désordre sur leur passage.

César ayant apris le nouveau dessein des Suisses, laissa La-bienus dans son Retranchement, pour continuer à garantir lePaïs des Allobroges, & alla en Italie ramasser de nouvellesTroupes, pour se mettre en état de prévenir l’incursion desHelvetiens, dans les autres parties de la Province Narbon-noife. II ne se mit point en peine de garder le pas de laCluse, soit qu’étant posté de l’autre côté du Rhône, & n’o-sant traverser cette Riviere, la chose ne fut pas possible j soitqu’il ne crut pas le Traité des Helvetiens avec les Sequanois,si avancé, ou qu’il se souciât peu de défendre ces Peuples.Ce Général revint quelque tems après, avec cinq légions, &passa du Païs des Allobroges, dans celui des Segusiens, oùil demeura pour observer seulement la marche des Helvetiens,& pour les empêcher d’entrer dans les Terres de la Républi-que.

Cependant les Helvetiens avoient deja passé le pas de laTome II. P p Cluse,