298 Dissertation sur le
Cluse, & traversé le Païs des Sequanoîs, A commençoient âravager le Païs des Eduens. Ceux-ci n’étant pas en état dese défendre, envoyerent des Ambassadeurs à César , pour leprier de les secourir. Les Ambassadeurs tâchèrent de rendreleur Harangue auíîî touchante qu’il leur fut possible, s’appel-lerent amis du peuple Romain, & dirent qu’il étoit honteuxà César, de laisser ravager les Campagnes Eduennes, & en-lever leurs enfans, en présence de farinée Romaine. D’autrecôté, ceux, qui, d’entre les Allobroges, avoient leurs pos-sessions & habitoient à l’Oiiest du Rhône, avoient été obli-gés d’abandonner leurs Terres, & venoient implorer le secoursde César. Quitus rébus adducîus Ces 4 r , ajoute-1-il, nonex--pecîandum fibi flattât , dam omnibus for t unis fociorum ccnfump-îis , in fantones Helveúi pervenirent. Après avoir mis lesAllobroges de l’Est du Rhône, en sûreté, il n’avoit eu envûë que d’empêcher les Helvetiens, de pénétrer dans les au-tres Terres de la République , Sc il sembloit avoir résoludetre tranquille spectateur des désordres que ses ennemis fe-roient ailleurs, fans se soucier beaucoup des Sequanois &des Eduens. Mais la Harangue de ces derniers, la considé-ration des Allobroges de l'Oùest du Rhône, & de nouvellesréflexions lui sirent prendre un autre parti; & il ne cherchaplus qu’une occasion de battre ses ennemis.
Je ne suivrai pas davantage le récit de César; en voilaassez, pour faire voir qu’en admettant mon explication, lanarration de César devient claire, suivie, & se débrouille par-faitement. II me semble qu’il n’y a pas d’objections consi-dérables à faire contre cette hypothèse; J’ai eu soin de les pré-venir en divers endroits de cette Dissertation. II est vrai quel’on pourroit encore m’objecter les ruines qui se voyent au-près de Gingin. Mais , outre que l’on a fait voir ci-dessus,qu’il ne s’agît pas dune Muraille, mais d’un Retranchement,il seroit nécessaire que ceux qui font cette objection, prou-vassent que ces ruines sont des restes de la Muraille de Cé-sar , & non pas de quelqu’autre Bâtiment, ou qu’ils eus-