Le Vingtième Siècle.
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« Mettez-moi en communication avec M me de Montepilloy, loge 24,1 er étage. »
Les jeunes filles virent presque aussitôt M me de Montepilloy se retour-ner dans sa loge et saisir derrière sa cliaise un cordon téléphonique.
« Attention, dit M. Ponto, voici le timbre de réponse; la communi-cation est établie, regardez bien la loge.
— Toujours charmante,chère comtesse ! dit M. Pontodans le récepteur de son ap-pareil.
— Ah ! c’est M. Ponto !susurra l’embouchure dutéléphone, et comment seportent mesdemoiselles vosfilles ?
— Elles sont là, répon-dit M. Ponto, a cote de moi, Toujours charmante, chère comtesse !
qui vous admirent comme
moi... vous êtes toujours la plus charmante des belles, chère comtesse...Un peu bien maquillée ! ajouta M. Ponto en dehors du téléphone.
— Oh ! mon cher tuteur, elle va vous entendre ! s’écria Hélène. .
— Pas de danger, répondit Ponto; à moins que, par distraction, je nefasse mes réflexions dans mon téléphone... mais soyez tranquille, je me sur-veille !... En vérité, comtesse, reprit-il en rapprochant le récepteur, unereprésentation de l’Opéra serait terne sans vous ! votre loge éclipse toutesles autres ; quand on vous voit, on ne voit plus que vous !
— Toujours galant ! répondit le téléphone, pendant que dans le cadrede cristal la comtesse souriait et semblait regarder son interlocuteur.
— Quelle constellation de diamants ! requit M. Ponto, décidément,comtesse, pour vous admirer sans danger il faut mettre des lunettes bleues !Ah, comtesse! comme si vous ne pouviez pas éblouir sans eux!... Ils nesont pas payés, dit-il en aparté, Montepilloy cherche à emprunter sur sesterres... sur quatrième hypothèque !...
— Et M me Ponto ? demanda la comtesse toujours souriante, on ne lavoit plus... la politique, n’est-ce pas?... Vous aura-t-on à notre petite soi-rée de demain ? vous savez que M. de Montepilloy s’ennuie de ne plus vousrencontrer ?
Mi