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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

des écumeurs de l’atmosplière. Les attaques nocturnes ne sont pas rares,malgré la surveillance de la police aérienne et spécialement du corps degendarmerie atmosphérique, dont les hommes et les patrouilles sillonnentsans cesse les régions dangereuses au-dessus de Paris .

Mais les malfaiteurs, bien que traqués à outrance, trouvent assezsouvent moyen de mettre la surveillance en défaut et s’abattent la nuit descouches supérieures de l’atmosphère, comme des éperviers sur leur proie,sur de bons bourgeois revenant de soirée ou sur des maisons où quelquebon coup à faire leur a été signalé par des complices.

Les assaillants de l’aérocab étaient des gens pleins d’expérience ; endeux minutes, M. Ponto et sa compagne furent dévalisés et leur mécanicienlui-même fut débarrassé de sa montre. L’opération terminée, les malfai-teurs remontèrent dans leur véhicule et abandonnèrent leurs victimes.

Il n’y avait qu’une chose à faire. Gagner le plus prochain poste depolice et faire sa déclaration. Immédiatement, quatre.gendarmes munis dusignalement de l’aérocab des voleurs, se lancèrent dans des directionsdifférentes.

M. Ponto reconduisit M 1Ic Posa et rentra ensuite chez lui assez contrarié.

Il eut des nouvelles de ses voleurs dès le lendemain. Les gendarmeslancés sur la piste, parvenus à une certaine hauteur, avaient masqué lesfanaux de leurs hélicoptères pour 11e pas se laisser apercevoir. Ps décri-vaient dans les airs de vastes cercles et couraient des bordées depuis prèsde deux heures sans avoir rien aperçu de suspect, lorsque du côté deFontainebleau , à près de douze cents mètres d’altitude, ils aperçurent unpoint lumineux, se déplaçant lentement dans l’atmosphère.

« Vérifions ! » dit le brigadier en resserrant sa troupe et en courantdroit à l’aréostat en panne.

Arrivés bord contre bord sans être signalés, les braves gendarmesfirent irruption dans l’aérostat et se trouvèrent en présence d’une sociétéd’aspect douteux, jouant avec acharnement air lansquenet. L’aérostat étaitun tripot clandestin où toute la nuit se jouait un jeu d’enfer et qui prenait,au matin, l’honnête aspect d’une aéro-berline. Les joueurs furent tenusd’exhiber leurs papiers ; il y avait là quelques jeunes viveurs, naïfs pigeonsmêlés à des grecs de profession. Parmi ces derniers, les gendarmes recon-nurent les voleurs de M. Ponto, encore nantis des bijoux et du portefeuilledu banquier ; leur coup fait, ils avaient remisé leur aérocab marron ets’étaient empressés de gagner le tripot aérien.