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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

l'accusé une physionomie d’abruti féroce, reprenaient leurs esquisses etfaisaient de Jnpille un criminel à l'œil sentimental et intéressant.

Jnpille se frottait les mains et faisait des signes joyeux à M Ue Mali-corne.

Quand Hélène, épuisée, se tut après une péroraison qui avait arrachédes larmes à tout l’auditoire, toutes les avocates se portèrent à son bancpour la féliciter. <

— Je salue une future gloire du barreau !

— Plus attendrissante que M ,le Lachaud elle-même ! je vous fais moncompliment.

— M 1Ie Malicorne, votre élève a un bel avenir devant elle ! les jurésne lui résisteront jamais !

— Une émotion contagieuse au plus haut degré !

— De vraies larmes 1

— Hein? fit Jnpille; n’est-ce pas que j’ai du flair ? j’avais vu du pre-mier coup que la petitefera.it de l’ctfet ! j’en suis encore tout émotionné !...Dommage que ma pauvre tante n’ait -pas pu l’entendre, elle qui n’avaitque des choses désagréables à me dire !... »

Le ministère public tenta de prendre sa revanche dans une longueréplique qui fut écoutée au milieu d’uu bâillement général, puis le jury seretira daus la salle des délibérations. On attendait l’arrêt avec une impatiencefébrile ; enfin la cour rentra et le président donna lecture de la sentence.

L’infortuné Jnpille, reconnu coupable d'homicide par contrariété, avecadmission de circonstances atténuantes, était condamné à quinze mois deretraite. Il avait deux jours pour se pourvoir en cassation ou pour se décidersur le choix de la région qu’il lui convenait d’habiter.

« Merci ! dit le criminel en saluant la cour, l’air du Midi serait con-traire à ma santé, je préfère les environs de Paris . »

Et il tendit la main à Hélène qui se recula avec horreur.

ce Vous m’en voulez? fit Jnpille étonné, vous qui me disiez desdouceurs tout à l’heure; mais puisque je paye ma dette à la société,personne n’a plus rien à me dire !... Enfin, comme vous voudrez, je vousremercie tout de même du fond du cœur, là, en ami ! J’espère que vousviendrez me voir à la maison de retraite. »