Le Vingtième Siècle.
287
Hélène aperçoit de temps en temps sa cousine Barbe, très sérieuse-ment occupée à défendre contre les tentatives des baissiers la très im-portante affaire du tunnel sous-marin transatlantique, une création de lamaison Ponto, attaquée assez déloyalement par un syndicat de spécula-teurs. M. Ponto lutte de son côté, Hélène se rend utile en portant les com-munications du banquier à sa lieutcnante. Le soir elle assiste, comme secré-taire de M. Ponto, aux séances du conseil d’administration du tunneltransatlantique. M. Ponto est admirable dans ces séances. Avec l’énergied’un père, il défend son tunnel, démasque les batteries des ennemis et faitvoter par le conseil les mesures qu’il juge nécessaires.
LA MINORITE FEMININE A LA CHAMBRE.
« Oui, messieurs, dit-il un jour que les actions du tunnel ont perdu250 francs dans une seule séance, il faut le reconnaître, le grand dangerPour l’Europe, c’est l’Amérique ! les adversaires de notre tunnel ont touchéjuste, notre vieille Europe est fortement menacée par la jeune et remuante■Amérique. Les trois cents millions d’hommes du Nord-Amérique et lesdeux cents millions du Sud commencent à se trouver à l’étroit sur leurc °utment, et ils regardent vers l’Europe d’une manière qui doit singulière-uient préoccuper nos gouvernants, j’en conviens ! mais je prétends queuotre tunnel n’ajoute en rien au danger; les inquiétudes que les adversairesde notre entreprise sèment dans le public ne reposent sur aucune baseSe neuse. Je prétends qu’une invasion américaine par le tunnel est chosematériellement impossible, et je soutiens que jamais un général américainUe pourrait, songer, sans folie, à se risquer dans l’immense tube de fer queu °us avons jeté de Brest à Panama , avec tant de peines et au prix de tantde sacrifices d’argent!