Le Vingtième Siècle.
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— Comment vous n’embrassez pas d’un seul coup d’œil toute la beautéde mon idée et l’immensité des conséquences ?
— Je ne vois pas très bien...
— Je vais m’expliquer. Qu’est-ce que la France ? Pour moi, penseur,c’est une pure abstraction géographique et sentimentale, une simple nébu-losité d’avant les temps scientifiques. Je veux faire sortir la France de cetteforme abstraite de simple patrie et lui donner la forme concrète d’une grandeSociété financière, composée de tous les Français, pour l’exploitation duterritoire compris dans les limites connues...
— Je commence à comprendre...
— Parbleu! et tout à l’heure vous admirerez ! Ce que je viens de voustiire est l’idée, je vais passer aux explications. Tous les biens de l’Etatforment le fonds primitif de la So-ciété ; improductifs jusqu’ici, il vasans dire que nous les faisons rap-porter. Tous les Français sont ac-tionnaires, sans autre versement detonds qu’une certaine somme an-nuelle, contribution unique rempla-çant les impôts, supprimés tous sansexception. Avec ces fonds, le gérantde la Société fait marcher tous lesservices, il garantit la sécurité et la tranquillité... Pour intéresser toutte monde à la bonne tenue de la République , en même temps que pourorganiser en grand l'exploitation de notre sol, nous lançons cinq millionsd obligations de mille francs dont nous plaçons une bonne partie à l’étran-ger, afin d’intéresser également nos voisins à la prospérité de l’affaire...admirez-vous?
— Il y a du bon et du mauvais ; j’ai besoin d’étudier avant de me pro-noncer... Les avantages financiers me paraissent douteux...
— Douteux ! vous ne contenez pas que l’administration de la Société,Se substituant aux innombrables administrations de l’Etat, va réaliser d’a-bord d’immenses économies en supprimant tous les rouages inutiles, tonsles services si peu nécessaires et si coûteux... tout sera simplifié et centra-lisé...
— Mais où seront les bénéfices pour les actionnaires ?
■— Où seront les bénéfices? mais je viens de vous le dire, tous les
(PAYEUR
Le plan de M. Ponto.
Les contribuables actionnaires.