Buch 
Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
Entstehung
Seite
304
JPEG-Download
 

304

Le Vingtième Siècle.

Français , nos actionnaires, ne payeront qu’une petite contribution uniqueque nous réduirons le plus possible au fur et à mesure... tous les impôtssont abolis... Voyons, vous savez qu’actuellement, il n’y a rien de plus coû-teux à entretenir qu’un gouvernement, il faut toujours payer. Pour un gou-vernement ancien modèle, tous les citoyens sont des débiteurs à qui l’onfait rendre le plus possible, très brutalement et très impoliment, à grandrenfjrt de percepteurs et d’huissiers... Je supprime tout cela. Dans mongouvernement nouveau modèle, les citoyens sont des actionnaires et leurdividende, c’est l’économie qu’ils réalisent sur les frais de gouverne-ment...

—• Vous supprimez les Chambres ?...

— Rouages inutiles, puisqu’il n’y aura plus de politique...

— C’est impossible !

— Rouage inutile, puisqu’il n’y aura plus de gouvernement, mais desadministrateurs !

— Monsieur Ponto, vous ôtes un utopiste !

— Vous repoussez une combinaison qui assurerait à la France uneprospérité inouïe... Réfléchissez : la France société financière, tous lesFrançais actionnaires, chaque Français payant une simple petite somme...Actuellement le gouvernement coûte en moyenne à chaque Français deuxcents francs, j’abaisserai la moyenne à cinquante francs pour la premièreannée... J’ai fait tous les calculs... en quinze ans je compte former uncapital suffisant pour permettre à notre France de vivre de ses rentes...C’est donc l’administration, ou le gouvernement, comme vous voudrez, pourrien!... Je ne m’arrête pas là, le capital de la France grossit d’année enannée par la capitalisation de bénéfices sans cesse grossissants; à partir dela vingt et unième année, non seulement je ne demande rien pour frais degérance, mais encore je commence à distribuer des dividendes palpablesaux Français nos actionnaires ! C’est assez superbe, ce me semble : chaqueFrançais , au lieu de payer de lourdes contributions, s’en ira tous les sixmois, au bureau de son canton, toucher sa part de bénéfice !

— Utopie ! pure utopie ! s’écria le président du conseil.

— Parbleu, cela ne s’est pas encore vu, cela renverse toutes les idéesreçues : un gouvernement qui ne coûte rien, un gouvernement qui rap-porte !...

— Monsieur Ponto, vous êtes un socialiste !

— Vous repoussez mon projet? j’aurais dû m'y attendre, les grandes