320
Le Vingtième Siècle.
« J’ai encore quatre jours. Si dans quatre jours vous ne m’avez pas tiréd’ici, on m’enverra dans une colonie matrimoniale où je resterai jusqu’à ceque mariage s’ensuive !
« Philippe Ponto, réfractaire matrimonial, cellule n° 14à.Bachelor’s Prison, London . »
«Diable! fit M. Ponto, c’est très grave! quel pays! quel pays! ilfaut nous dépêcher... Si j’allais moi-même!...
-— Ce serait peut-être imprudent, dit M mo Ponto.
— Il y a un moyen, s’écria Barnabette. Hélène n’a rien à craindre,elle, chez ces horribles mormons; elle va prendre le tube et courir délivrerce pauvre Philippe ! Au besoin elle se fera passer pour sa femme ou safiancée...
— Bravo ! s’écria M. Ponto, excellente idée. Vous allez partir, machère Hélène; je vais vous donner l’acte de naissance de Philippe etquelques papiers...
— Je suis prête, dit Hélène.
— Vite ! vite ! dit M mc Ponto, il y a un express à trois heures. Vousserez à Londres à trois heures quarante, vous courrez immédiatement àBachelor’s Prison. »
Hélène prit rapidement son chapeau, son parasol et sou petit sac devoyage. M. Ponto lui remit les papiers de Philippe et un carnet de chèqueset sauta en aérocab avec elle.
« Au tube de Londres ! dit-il au mécanicien, à toute vitesse ! »
L’express allait partir ; Hélène n’eut que le temps de se glisser clansun compartiment où se trouvaient justement deux gentlemen mormonsavec leurs épouses.
« Vous allez à Londres, mademoiselle, dit un des Anglais , serait-cepour vous convertir? La cité des saints est ouverte à toutes... »
Hélène rougit.
« Permettez-moi de vous offrir cette brochure, dit le second Anglais ,en tendant à la jeune fille un petit livre intitulé la Teeee peomise, lettreà nos sœurs d’Europe, par un général mormon. Toutes les femmes d’Europe sont nos sœurs !...
— Je... je suis mariée ! dit Hélène en continuant à rougir.
— C’est dommage ! soupira le gentleman.