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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

terne magique devant lesquels défilaient sans cesse des bandes de poissonseffarés, des monstres marins à peine connus des naturalistes, hérissés,dentelés, effroyables, heurtant les appareils étranges qui leur servent detête et faisant grincer leurs tentacules sur la surface glissante des plaquesde cristal.

Des jets de lumière électrique fouillaient la mer en avant et sur lescôtés, faisaient saillir soudain d’énormes blocs de roches déchiquetées sedressant avec tout le hérissement d’une végétation fantastique, éclairaientde vastes plaines couvertes d’une forêt mouvante d’algues enchevêtrées,tantôt minuscules comme de simples fils et tantôt gigantesques, étendantà perte de vue mille lignes entrelacées sous lesquelles filaient, remuaientet grouillaient des millions de créatures étranges, tout' le fourmillementd’un monde formidable et inconnu !

On fit quelques bonnes parties de pêche. Le yacht était armé de quel-ques petites caronades électriques, placées sur les côtés et à l’avant. Quandun beau poisson passait-à portée, un coup de canon lançait un harponsolide qui s’en allait se ficher dans les flancs du gibier. Le yacht ayantété donner au milieu d’une compagnie de requins, on extermina toute labande.

Tont en chassant, le yacht sous-marin doubla les Bermudes et arriva,dans les eaux chaudes de la mer des Antilles . Philippe alors parla derevenir.

« Revenir quand nous sommes si près du canal de Panama, sansavoir traversé le canal pour aller jeter un coup d’œil de l’antre côté sur legrand océan Pacifique ! s’écria Barbe, ce serait une impolitesse; le plusgrand océan du globe ne nous le pardonnerait pas.

— Allons, soit; mais alors un simple coup d’œil, dit Philippe.

— Un simple regard et nous revenons! Capitaine, dit Barbe au com-mandant du yacht, mettez le cap sur Panama ! »

Le yacht fila sur Panama en ralentissant toutefois sa marche pouréviter tout danger d’abordage dans ces parages si fréquentés, où deuxgrands courants de circulation sont établis, l’un à la surface pour lesnavires ordinaires, l’autre en dessous pour les yachts ou les transportssous-marins, — le rez-de-chaussée et la cave, comme disent les matelotsfarceurs.

Le yacht vint toucher à Panama , aux bureaux du canal, où Barbe des-cendit ou plutôt monta pour correspondre téléphoniquement avec sa maison