Le Vingtième Siècle.
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de New-York . Elle donna quelques ordres, régla quelques affaires ; lespassagers rentrèreut à bord après une petite promenade et l’on s’en futdonner an grand océan Pacifique le simple coup d’œil de politesse convenu.
Il fallut s’avancer un peu pour donner ce coup d’œil, le yacht fit unepointe d’une cinquantaine de lieues eu mer; la visite de politesse était faite,on pouvait s’en retourner. Barbe en donna l’ordre au capitaine. Le yachtvira de bord.
Les passagers se mettaient à table pour le dîner avec le capitaine.
« Nous allons voir un peu, dit Barbe gaiement, si le poisson du Paci-fique vaut celui de l’Atlantique; voici un magnifique turbot que j’ai eu leplaisir de pêcher moi-même et... »
Elle n’acheva pas.
Une épouvantable détonation se produisit, le pont du yacht soulevés’ouvrit comme un cratère et vomit un torrent de flammes et d’eau, leshublots et le plafond volèrent enéclats, la table, les convives, lescaronades, les cloisons et le plan-cher, projetés en l’air avec uneviolence inouïe, percèrent la cou-che d’eau sous laquelle on na-viguait et vinrent rouler à lasurface au milieu d’un tourbillond’écume.
Philippe, saignant et dé-chiré, mais vivant et sans ava-ries graves, se retrouva au som-met d’une vague. Il s’accrochamachinalement à un débris du yacht et regarda autour de lui. A quelquesbrasses, le capitaine nageait jiéniblement d’une main en soutenant del’autre, par les cheveux, Hélène et Barbe qui se débattaient. Philippepoussa son épave vers le groupe et aida les deux femmes à s’y accrocher.
« Tenez ferme! dit le capitaine, la carcasse du yacht flotte encore;nous allons la rattraper. »
En effet, la carcasse du yacht, semblable à une grande boîte dislo-quée, se maintenait sur les flots; il ne s’agissait que de la rattraper. Phi-lippe et le capitaine, nageant vigoureusement, se mirent en devoir depousser leur épave sur laquelle Hélène soutenait Barbe évanouie.