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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

391

Philippe paraissait hésiter. D’autres îles chargées de petites forêtsde cocotiers émergeaient à quelques kilomètres. Enfin Philippe parut sedécider à rebrousser chemin : tournant le dos à ce petit archipel, il revintdroit au premier îlot.

« Eh bien! lui cria Barbe quand il aborda, tu oublies que nos instantssont précieux et que pendant que nous nous amusons aux paysages océa-niens, j’ai mes cinq mille actions dutube de Panama qui baissent peut-être...

— Bah, dit Philippe, nousavons le temps ; le climat est su-pierbe, la mer admirable; le séjourdans ces petites îles doit être char-mant ! Nous avons besoin de vivresfrais et justement ces îlots abon-dent en cocos et en tortues... nouspouvons passer ici des semaines dé-licieuses...

— Papa l’a toujours dit, tun’as pas l’esprit sérieux et pra-tique... Bobinsonner dans cette île?

Y songes-tu? Et ma banque quipériclite sans moi à New-York ! Jesuis en train de perdre des millionspeut-être en ce moment !

— Tu les regagneras ici... magrande idée...

— Il devient fou !... voudrais-tu par hasard entreprendre le commerce des noix de coco?

— J’ai une grande idée, te dis-je, une immense idée qui va engendrerune colossale affaire financière ! Les canaux, les tubes terriens ou sous-marins ne sont rien auprès de ce que je vais entreprendre!... Tout àl’heure, quand je me promenais d’île en île, ce n’était pas pour le paysage,c’était pour ma grande idée... je faisais une promenade d’études... depuisque nous sommes entrés en Polynésie j’examine, je inédite, je calcule...

— Et tu nous fais échouer, navigateur distrait!... Et quelle est cettegrande idée ?

Première commission d’ingénieurs.

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