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Le vingtième siècle / texte et dessins par A. Robida
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Le Vingtième Siècle.

— Voici!... ces innombrables îles éparpillées à la surface de l’océanPacifique , resserrées en groupes et en archipels, sont destinées un jour àse souder ensemble, en petits noyaux d’abord, qui s’aggloméreront peu àpeu pour former un continent solide.... c’est l’œuvre mystérieuse qui s’éla-bore depuis des centaines de siècles au fond de l’Océan, par le ministèredes infatigables madrépores, aidés souvent par des soulèvements brusquesdu fond de la mer. Lentement, l’une après l’autre, les îles sortent du seinde l’océan, d’abord à l’état de simples écueils, puis d’îlots dont la végéta-tion s’empare !...

— Eli bien?

— Eli bien, mon idée, la voici : l’œuvre commencée par les madré-pores, c’est à l’homme de l’achever ! ce continent en formation, nous allonsle terminer. De quoi s’agit-il? D’aider tout simplement la nature qui tendpeu à peu à réunir en une seule terre continentale ces longs chapeletsd’îles polynésiennes... avec les ressources mises à notre disposition par lascience, avec de puissants capitaux, cette construction d’un continent estpossible, sinon facile; les archipels fourniront l’ossature, la carcasse denotre continent; nous comblerons les détroits, les canaux, les lagunes,pour relier les îles les unes aux autres!... Ce sera la grande œuvre duxx e siècle ! nous léguerons une terre nouvelle à nos descendants... Lesesprits aventureux se désolaient de n’avoir plus rien à découvrir sur notreplanète, nos pères ne connaissaient que cinq parties du monde, nous allonsleur en donner une sixième! Les six cents millions d’habitants de notrevieille Europe s’y trouvent bien à l’étroit; nous allons leur fournir uneterre nouvelle, bien neuve celle-ci, des espaces sans bornes, des champsillimités pour leur activité... Et quels avantages! Les autres continents,l’homme les a trouvés tout faits, il a dû les prendre tels quels, avec leursinconvénients et leurs défauts.... Trop d’eau par endroits, trop de mon-tagnes sur d’autres points, des espaces immenses sans un cours d’eau; quesais-je? Notre continent à nous, nous le ferons le plus commode possiblenous ferons courir partout des fleuves et des cours d’eau fertilisateurs,nous ménagerons des ports, des lacs...

— Et les difficultés? fit Barbe, c’est très beau; mais tu ne comptespas les difficultés...

— Toutes les entreprises, les petites comme les grandes, ont des dif-ficultés à éviter ou dominer, des obstacles à franchir ! Des difficultés soit,mais pas d’impossibilités ! Déjà sur bien des points, on peut communiquer