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L' alcool et le tabac / A. Riant
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LE TABAC 133

l’honneur d’avoir le premier en France apporté etcultivé le tabac, vers 1556.

Les Américains se contentaient de fumer le tabac.Les Européens le fument, le prisent et le mâchent.

Ce fut sous forme de poudre destinée à être pri-sée que le tabac fut adressé à la Reine. Il était con-sidéré d’abord comme un remède souverain contrela migraine.

L’herbe à la. Reine causa un véritable enthou-siasme en France . On en vantait les merveilleuxeffets, on en fit une panacée universelle, un remèdepropre à guérir tous les maux.

Après avoir été reçu aussi avec assez d’engoue-ment en Angleterre, le tabac y fut bientôt l’objetdes plus vives critiques.

On l’accusa d’être un poison des plus dangereux.

Partout en Europe , cette plante, qui avait causétant d’enthousiasme, devint l’objet des prohibitionsles plus sévères.

Henri VIII menace du fouet ceux qui en ferontusage.

La reine Elisabeth fait confisquer les pipes etles tabatières.

Or, à cette époque, John Aubrey nous apprendque, si les bourgeois se contentaient d’une pipeformée d’une sorte de coquille de noix armée d’untuyau de paille, pipe que l’on faisait circuler autourde la table pour que chaque convive s’en servît à sontour, les gentlemen faisaient usage de pipes d’ar-gent. Alors le tabac se vendait au poids de l’argent(for its wayte in silver, dit la vieille chronique).