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LE TABAC
On voit d’après le livre cité plus haut du roi Jac-ques I' r qu’en Angleterre, en l’espace de trenteannées, l’habitude de fumer s’était répandue avecune rapidité extraordinaire, qu’on y dépensait dessommes énormes, quelques personnes consacranttrois ou quatre cents livres sterling par an pour cette« précieuse puanteur ». Sa Majesté flétrissait cettecoutume comme dégoûtante pour les yeux, repous-sante pour l’odorat, nuisible pour le cerveau, dan-gereuse pour les poumons, et comparait la noire etinfecte fumée du tabac aux horribles exhalaisonsqui s’échappent du Styx,
En dépit de ces violentes attaques, la consomma-tion n’a cessé de croître en Angleterre.
Un écrivain calculait récemment que, après lesel, le tabac est ce dont les hommes consommentle plus, car il n’y a aucune nation, dans aucun cli-mat, qui ne l’ait adopté.
La production totale annuelle est estimée, enAngleterre, à 2,000,000 de tonnes, ce chiffre frap-pera davantage si l’on songe que le poids total dublé consommé par les habitants de la Grande-Bre-tagne ne dépasse guère 4, 350,000 tonnes, de sorteque le tabac cultivé pour satisfaire la passion pource narcotique pèse autant que le blé nécessaire àla nourriture de 10,000,000 d’Anglais . Et en n’esti-mant le prix du tabac qu’au double de la valeur dublé sur le marché, il coûte autant que tout le bléservant à la consommation de la Grande-Bretagne. »(Blackwoods Magazine.)
En 1869 « la quantité annuellement importée en